Un rapport accablant pour l’Eglise catholique fribourgeoise
Des maltraitances et des abus sexuels «graves et répétés» sur des enfants ont eu lieu à l'Institut Marini, ancien pensionnat catholique pour garçons à Montet, dans le canton de Fribourg. D'après les historiens chargés de faire la lumière sur des faits qui remontent aux années 1929 à 1950, l'Eglise a tout fait pour étouffer l'affaire.
La recherche a permis de répertorier 21 enfants et adolescents sexuellement abusés et 11 abuseurs allégués. Mais «il y a plus de victimes que ne le disent les statistiques», a souligné l’évêque Charles Morerod du diocèse de Fribourg, Genève et Lausanne lors de la présentation du rapport d’experts mardi. Un avis partagé par des anciennes victimes présentes à la conférence de presse, auquelles Charles Morerod a demandé pardon:
L’Eglise avait pour premier souci d’éviter le scandale, ont constaté les chercheurs en épluchant des correspondances internes et les comptes-rendus des deux seuls procès (1954 et 1956). Ses stratégies: enquêtes internes secrètes, accusations de calomnie, pressions pour obtenir des rétractations. Lorsque les rumeurs concernant un prêtre se faisaient trop insistantes, il était déplacé. «Ce qui est frappant, c’est qu’il a fallu 10 ans dans chaque cas avant que deux directeurs successifs soient déplacés», a indiqué Anne-Françoise Praz, l’une des auteurs du rapport.
La société fribourgeoise de l’époque était caractérisée par un manque d’ouverture, notamment sur la sexualité, une place prépondérante de l’Eglise catholique et des liens forts entre le clergé et le gouvernement conservateur. Les garçons placés à Marini étaient majoritairement âgés de 10 à 14 ans lors de leur arrivée, souvent issus de familles en difficultés économiques et sociales et souvent placés par des autorités. Nombre d’entre eux étaient loin de leur famille, venant par exemple de Suisse alémanique.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.