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Swisster fait le pari de l'information payante

Swisster, le nouveau site destiné à la communauté anglophone de Suisse.

(swissinfo.ch)

A contre courant des médias sur Internet, le groupe Edipresse lance un site destiné aux anglophones de Suisse et accessible sur abonnement. Interview de son directeur Christophe Rasch.

Avec Swisster, Edipresse, le 2e éditeur de Suisse après Ringier, attaque le marché des anglophones installés en Suisse, soit 300'000 personnes environ. Un public jusque-là uniquement couvert par les médias de service public, soit World Radio Switzerland et dans une moindre mesure swissinfo destiné en priorité aux Suisses du dehors et au public international intéressé par la Suisse.

Le nouveau site, lancé le 31 mars dernier, produit de l'information et des services. Intégralement accessible par abonnement (300 francs suisses par an), il vise dans un premier temps la région lémanique où s'implante un nombre croissant d'entreprises multinationales, et à plus long terme, le reste de la Suisse. Les explications de Christophe Rasch, directeur et rédacteur-en-chef de Swisster.

swissinfo: comment expliquez-vous l'intérêt récent d'un média privé pour les anglophones de Suisse?

Christophe Rasch : C'est en partie dû au fait que cette communauté est en pleine croissance et qu'il y a un boom économique sur l'Arc lémanique. Environ 100'000 personnes anglophones sont actives dans cette région, 350'000 pour l'ensemble de la Suisse. Donc ça commence à devenir un marché intéressant.

La vraie question pour nous est de proposer un complément aux sites comme le vôtre.

Nous avons commencé en lançant un site en russe - nasha gazeta – qui a connu très rapidement un énorme succès avec un marché encore plus petit: les Russes installés sur les bords du lac Léman. La deuxième étape a donc été de développer un média pour les anglophones.

Notre marché de niche est très particulier, puisqu'il s'agit de cadres supérieurs qui cherchent une information de pointe en relation avec leur vie et leur travail en Suisse.

swissinfo: Votre site n'est totalement accessible qu'avec un abonnement payant, alors que la gratuité continue de progresser dans les médias online. Est-ce bien raisonnable?

C.R.: En fait, c'était la seule option possible. Quand vous visez un marché de 100'000 personnes, vous pouvez espérer atteindre 10% d'entre eux. Et encore, c'est une proportion énorme pour un média électronique.

Mais 10'000 personnes ne font pas vivre une publication, surtout sur Internet. Pour exister et avoir une équipe étoffée de journalistes qui créent du contenu de qualité, il faut un autre modèle que la publicité et le trafic. Raison pour laquelle nous avons choisi la formule de l'abonnement. Le site est donc en partie fermé, même si après 48 heures tout est accessible à tout le monde.

Nous avons misé sur les multinationales établies dans la région. Elles achètent de multiples comptes pour leurs employés. Et ça nous permet d'atteindre directement notre public cible, sans grands frais de marketing.

Il y a un très fort intérêt de ces entreprises. Toutes les plus grandes l'ont fait, nous sommes en discussion avec une trentaine aujourd'hui.

Ce fort intérêt montre qu'il y a un véritable besoin pour une information de qualité ciblée pour ce public intéressé par la finance, l'économie et ses problèmes particuliers et moins par une information institutionnelle, politique ou autre.

swissinfo: vous voulez également favoriser l'intégration de cette population en proposant une série de services?

C.R.: C'est en effet la deuxième facette du site sur laquelle nous allons beaucoup miser. Nous venons par exemple de lancer un service santé en ligne géré directement par un groupe de médecins anglophones établis en Suisse qui permettront à nos abonnés de mieux comprendre le système de santé helvétique.

Nous allons faire la même chose pour la fiscalité, le sport et toutes sortes d'autres domaines. Le but est de rendre la plate-forme interactive et de l'alimenter en service pour l'intégration. Nous allons travailler avec des spécialistes pour fournir une information pertinente. Et de manière secondaire, trouver via ce canal des sujets éditoriaux.

Nous faisons beaucoup de sondages et via les entreprises, nous arrivons directement à parler avec nos lecteurs. C'est par exemple un vrai casse-tête pour cette catégorie de population de trouver une école anglophone pour leurs enfants. Pour cette raison, beaucoup de gens refusent de venir travailler en Suisse.

swissinfo: Vous êtes également associé à l'EPFL. C'est une manière de mieux répercuter le bouillonnement qui s'y développe?

C.R.: Nous n'avons pas d'axe éditorial pour des sujets EPFL. Mais c'est vrai que cette école est très dynamique. C'est un des pôles de développement en Suisse qui est envié de toute l'Europe. Une dimension que nous allons aborder dans Swisster.

Il est également vrai qu'il y a peu de média qui parlent de cette ébullition économique et scientifique à l'extérieur et en anglais. Nous voulons donc contribuer à ce rayonnement. Nous avons d'ailleurs déjà été repris par le New York Times et d'autres grands titres de la presse anglo-saxonne. Il y a une véritable demande pour du contenu anglophone qui traite de cette région.

swissinfo : vous avez donc également des visées à l'international?

C.R.: Tout à fait. Il y a d'autres communautés en Suisse qui n'ont pas leur média et l'information va toujours dans les deux sens : informer la communauté sur les sujets qui l'intéressent et informer tous ceux qui ne sont pas ici mais qui ont des liens avec la Suisse et pouvoir rayonner dans l'autre sens.

Nous sommes maintenant en phase test. Nous tirerons les conclusions plus tard.

Interview swissinfo : Frédéric Burnand à Genève

Swisster en bref

Pour lancer Swisster, le groupe Edipresse s'est associé à la Société neuchâteloise de Presse, éditeur des titres L'Express et l'Impartial et dont l'actionnaire principal est le Français Philippe Hersant.

Swisster reçoit aussi l'appui d'une banque privée genevoise (Lombard Odier Darier Hentsch) et de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL).

La rédaction de Swisster compte 6 personnes, dont 4 journalistes basés à Genève, Lausanne et Zurich.

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