Toute la grandeur de Picasso dans les collections bâloises
(Keystone-ATS) Aucune des oeuvres présentées dans la nouvelle exposition du Kunstmuseum de Bâle consacrée à Pablo Picasso n’a parcouru plus d’une poignée de kilomètres. Et pourtant elle réunit 60 toiles, 100 travaux sur papier et des sculptures, permettant de former une rétrospective de 70 ans de création.
Outre à Bâle, la création d’un tel «musée imaginaire» sur Picasso à partir d’oeuvre de collections locales n’est probablement possible qu’à New York ou à Paris, a affirmé le directeur du Kunstmuseum de Bâle, Bernhard Mendes Bürgi, vendredi devant les médias. Baptisée «Les Picassos sont là! Une rétrospective des collections de Bâle», l’exposition est à voir dès dimanche jusqu’au 21 juillet.
Portraits de Dora Maar
L’aménagement classique du musée, avec ses pièces en enfilade, invite à découvrir l’oeuvre de l’artiste espagnol de manière chronologique. On y retrouve les motifs bien connus, comme les guitares décomposées, les arlequins ou des portraits de Dora Maar. Mais on y découvre aussi des oeuvres rares, certaines montrées pour la première fois car appartenant à des collections privées.
Le moment de l’exposition est lié à la perspective d’une votation populaire sur le projet d’agrandissement du musée, scrutin qui n’a finalement pas été nécessaire. «Dans ce contexte, il fallait que Bâle donne un signe fort de son engagement pour l’art», a expliqué à l’ats M. Bürgi.
«Arlequin assis»
Pour ce faire, le Kunstmuseum a choisi de rappeler l’épisode d’une autre votation ayant marqué l’importance de l’art dans la cité rhénane, en 1967. Les Bâlois avaient alors approuvé un crédit de 6 millions de francs pour racheter deux toiles: «Les deux frères» (1906) et «Arlequin assis» (1923) montrés dans cette exposition.