Trump dit que les Etats-Unis vont «quitter» l’Iran «très bientôt»
Dans un nouveau revirement, le président américain Donald Trump a affirmé mardi que les Etats-Unis quitteraient l'Iran "très bientôt", peu importe qu'un accord soit conclu avec Téhéran. Il a évoqué un délai de "deux, peut-être trois semaines".
(Keystone-ATS) Après plus d’un mois de conflit, la guerre au Moyen-Orient, qui ébranle l’économie mondiale et a fait des milliers de morts, ne présentait mercredi pas de signe de désescalade, malgré des tractations diplomatiques.
L’armée israélienne a annoncé mercredi matin qu’elle cherchait à intercepter un missile tiré depuis le Yémen. Les rebelles yéménites houthis pro-iraniens ont déjà lancé ces derniers jours des attaques contre Israël. Selon des médias israéliens, le projectile a été intercepté et aucun blessé n’a été recensé.
En Iran, la télévision d’Etat a fait état d’explosions dans le nord, l’est et le centre de Téhéran mercredi matin. Israël dit y avoir mené «une vague de frappes de grande ampleur», qui visaient des infrastructures des autorités iraniennes dans la capitale iranienne.
Machine arrière de Trump
La journée de mardi avait déjà été marquée par des frappes tous azimuts sur l’Iran et une mise en garde des gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la république islamique, envers les entreprises américaines du secteur des hautes technologies implantées dans la région.
Le président américain, de son côté, continue de souffler le chaud et le froid: lundi, il avait promis lundi d'»anéantir» la stratégique île iranienne de Kharg et d’autres cibles si un accord n’était pas trouvé «rapidement», mais il a fait machine arrière mardi.
«Tout ce que j’ai à faire, c’est partir de l’Iran et nous le ferons très bientôt», a ainsi affirmé Donald Trump. Il a ensuite évoqué un délai de «deux, peut-être trois semaines» et finalement peu importe, selon lui, qu’un accord soit trouvé avec la république islamique: c’est «sans importance».
«Nous partirons très bientôt. Et si la France ou un autre pays veut avoir son pétrole ou son gaz, ils iront tout droit dans le détroit d’Ormuz […] et ils se débrouilleront tout seuls. Je pense que ce sera un endroit très sûr en réalité, mais nous n’avons rien à voir avec cela», a-t-il poursuivi.
Discours à la nation de Trump
Il avait déjà affirmé mardi matin que les Etats-Unis «ne seraient plus là pour aider» les pays dont l’approvisionnement en pétrole dépend de ce détroit stratégique, bloqué par l’Iran depuis le début du conflit.
La Maison-Blanche a en tout cas annoncé que Donald Trump s’adresserait à la nation mercredi soir à 21h00 (05h00 jeudi en Suisse) pour «donner de nouvelles informations importantes sur l’Iran».
Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est quant à lui resté sur une ligne dure: «La campagne n’est pas terminée […] Nous allons continuer d’écraser le régime terroriste. Nous renforcerons les zones de sécurité autour de nous et nous atteindrons nos objectifs», a-t-il affirmé lors d’une allocution télévisée.
De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a réclamé pour mettre fin à la guerre, des «conditions essentielles», en particulier «les garanties nécessaires pour empêcher la répétition de l’agression», le versement de compensations financières et un arrêt des hostilités sur tous les fronts.
Bombardements et morts au Liban
En attendant, les gardiens de la révolution ont listé dans un communiqué 18 entreprises américaines dont Google, Apple, Meta ou encore Tesla, les accusant d'»espionnage» et menaçant de «destruction» de leurs locaux en représailles à tout nouvel «assassinat» de responsables en Iran.
Le ministre américain de la défense, Pete Hegseth, a lui affirmé que les prochains jours seraient «décisifs», tout en assurant que les discussions avec l’Iran «se renforcent».
«Je reçois des messages directement de [l’envoyé spécial américain Steve] Witkoff, comme auparavant et cela ne signifie pas pour autant que nous sommes en négociation», a tempéré le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, sur Al Jazeera.
Au Liban, le ministère de la santé a annoncé tôt dans la nuit mercredi que des frappes israéliennes avaient fait sept morts, cinq à Beyrouth et deux au sud de la capitale. Un «haut commandant» du Hezbollah ainsi qu’un «terroriste de haut rang» ont été frappés dans la région de Beyrouth, selon l’armée israélienne.