Ukraine: Moscou prêt à des négociations trilatérales mi-novembre
Moscou est disposé à une reprise des négociations trilatérales avec Washington et Kiev à la mi-novembre, a indiqué mercredi le Kremlin après une rencontre entre Vladimir Poutine et un émissaire américain en Russie. Kiev a appelé à nouveau à un cessez-le-feu.
(Keystone-ATS) L’envoyé américain Steve Witkoff s’est entretenu mercredi pendant près de trois heures avec le président russe à Saint-Pétersbourg, a indiqué le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, lors d’un appel avec la presse.
Signe que les positions des belligérants semblent encore éloignées, Iouri Ouchakov a affirmé que les propositions pour mettre fin à la guerre formulées par Kiev et les Européens, la veille à Oslo, et transmises à Vladimir Poutine par Steve Witkoff «ne comportent pas grand-chose».
Selon Iouri Ouchakov, Moscou est prêt à reprendre des négociations à trois avec Kiev et Washington «vers le 10 novembre», soit après les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Selon M. Ouchakov, ces pourparlers doivent porter sur «la mise en place d’un dispositif de sécurité (…) après la fin du conflit».
Le dernier cycle de négociations trilatérales, en février dernier, n’avait mené à aucune avancée diplomatique. Il avait été suspendu après le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Washington et Israël.
Possible réunion avec la Chine
Iouri Ouchakov a également évoqué une possible réunion entre Vladimir Poutine, Donald Trump et Xi Jinping en Chine, en marge du sommet de l’APEC en novembre à Shenzhen.
L’émissaire américain Jared Kushner a également participé aux pourparlers entre MM. Witkoff et Poutine par visiconférence.
Parallèlement, dans une interview sur Fox News, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé mercredi à un «gel» de la ligne de front comme premier pas dans des discussions pour mettre fin à la guerre, une proposition exclue jusque-là par Moscou, qui exige un accord sur le fond avant tout arrêt des combats.
La Russie exige notamment avant tout que l’armée ukrainienne se retire des territoires qu’elle tient encore dans la région de Donetsk (est), ce Kiev considère comme inacceptable.
Diesel russe pour Washington
Au début de la rencontre, Steve Witkoff avait indiqué être venu avec «des idées» pour un «accord de paix» en Ukraine, près de cinq ans après le début du conflit lancé en 2022 par l’offensive russe à grande échelle.
«Nous avons apporté quelques documents, ce sont en fait quelques idées concernant les différents éléments d’une sorte d’accord de paix entre la Russie et l’Ukraine», a-t-il déclaré.
En marge de la rencontre, la Russie a annoncé la libération d’un Américain condamné pour «mercenariat» en 2024 à sept ans de prison.
Donald Trump, qui avait dit avoir demandé à son homologue russe de relâcher ce professeur septuagénaire à la retraite, a déclaré mercredi que Stephen Hubbard était «en route» pour les États-Unis et avait été libéré sans «contrepartie».
Par ailleurs, Vladimir Poutine a annoncé mercredi que le premier pétrolier contenant 40’000 tonnes de diesel russe à destination des Etats-Unis partira dans «deux à trois jours». Le vice-Premier ministre russe en charge de l’Energie, Alexandre Novak, a lui évoqué un départ jeudi.
Le président américain avait annoncé début octobre un accord entre Washington et Moscou pour la livraison de diesel russe au marché américain, levant ainsi des sanctions contre la Russie et s’attirant de vives critiques de Kiev et ses alliés.
Cette mesure a été perçue comme un moyen d’essayer de faire baisser les prix du carburant pour les consommateurs américains avant les législatives de mi-mandat, le 3 novembre, qui s’annoncent difficiles pour Donald Trump.
Tensions entre Kiev et Washington
La rencontre à Saint-Pétersbourg s’est déroulée sur fond de récentes tensions entre Washington et Kiev, qui accuse les Etats-Unis de ne plus soutenir l’Ukraine, voire d’aider Moscou.
À l’issue de discussions mardi à Oslo avec M. Witkoff et l’émissaire Jared Kushner (par visioconférence), ainsi que les dirigeants norvégien et finlandais, le président ukrainien a néanmoins salué le rétablissement du partage du renseignement américain et réclamé une place à toute négociation concernant l’avenir de son pays.
Malgré ces efforts diplomatiques, les combats se poursuivent sur le front, sans avancée majeure de part et d’autre.
Les autorités américaines rejettent les accusations selon lesquelles elles auraient délibérément nui à l’Ukraine ces derniers jours, notamment en ordonnant l’arrêt du partage de renseignement ou en limitant le fonctionnement du service de communication satellitaire Starlink, utilisé par l’armée ukrainienne.
La Commission européenne a appelé mercredi SpaceX, le groupe du milliardaire américain Elon Musk, à «rétablir d’urgence» le plein accès de l’Ukraine à Starlink.
Sur le terrain, la Russie a continué à pilonner dans la nuit le secteur énergétique ukrainien, mais aussi le réseau ferroviaire et des immeubles résidentiels, faisant au moins quatre morts, selon Kiev.
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