Navigation

Un dictionnaire pour combler le «Röstigraben»

Luusmeitli (effrontée), le suisse allemand s'affiche aussi sur la lingerie. swissinfo.ch

Le premier véritable dictionnaire français-suisse allemand et suisse allemand-français vient de sortir de presse. L'objectif principal est de permettre aux Romands de dépasser leurs préjugés contre le dialecte.

Ce contenu a été publié le 05 décembre 2006 - 18:11

Ce nouveau lexique contient plus de 7000 termes et expressions. L'auteure de l'ouvrage s'est basée sur le dialecte zurichois.

Lucernoise d'origine et vaudoise de cœur, Mimi Steffen veut contribuer à l'entente entre Romands et Alémaniques. «On ne connaît bien qu'avec le cœur», a-t-elle dit mardi à Gruyères en présentant son ouvrage.

Pour l'auteure, un tel dictionnaire permettra aux Romands de dépasser leurs préjugés contre le dialecte. Ils pourront ainsi se rendre compte du côté 'fleuri' et 'sensuel' de cette langue.

Avoir quelques mots ou expressions en suisse allemand dans son bagage linguistique permettra aux Romands d'abolir la distance face à un interlocuteur alémanique, explique la linguiste. C'est d'autant plus précieux que le dialecte a le vent en poupe outre-Sarine depuis 1968.

Langue parlée omniprésente

'1968' a aboli la hiérarchie entre 'hochdeutsch' (bon allemand) et 'schwizertütsch' (suisse allemand). En fait, le dialecte suisse allemand est une «langue parlée qui a fait carrière» puisqu'il a conquis l'espace public.

Il est en outre la langue des jeunes. Souple, flexible, il se rapproche du langage des ordinateurs ou s'adapte fort bien à celui des 'sms'

Patrimoine linguistique

Quant aux Alémaniques, en plus d'être un moyen de communication avec les Romands, l'ouvrage leur permettra de retrouver certaines expressions passées de mode.

De nombreux Alémaniques établis en Suisse romande pourront se réapproprier des expressions de leur jeunesse.

Sauvegarder un patrimoine linguistique est un des aspects de la démarche à Mimi Steffen. Mais pas question d'être sectaire ou passéiste.

Le nouveau dictionnaire entend offrir une photographie du suisse allemand actuel, celui qui se parle sur le lieu de travail ou à la maison, avec ses expressions familières, voire vulgaires.

La langue des espions

Mimi Steffen a pris le dialecte zurichois pour base. Il se retranscrit très facilement phonétiquement et est très répandu. Elle l'a préféré au bernois qui n'est facile que d'apparence, car parlé plus lentement.

Selon la linguiste, le bernois est un dialecte plus difficile, aux expressions plus recherchées et complexes. «Il a même été utilisé comme langue d'espions au cours de la 2e Guerre Mondiale», a-t-elle lancé.

Grammaire et petit guide

Le nouveau dictionnaire aura sans doute une suite car Mimi Steffen aimerait fournir une grammaire ainsi qu'un petit guide linguistique.

Le dictionnaire, dont une première version «artisanale» (handglismet-tricotée mains) a paru en 1991, est tiré à 3000 exemplaires.

De format poche, il contient plus de 7000 entrées, dont 1500 expressions, et compte 240 pages. Edité par Ars Linguis de Lucerne, il est imprimé chez Fleury à Yverdon-les-Bains (VD) et diffusé par le Buchzentrum d'Olten.

swissinfo et les agences

Le paysage linguistique suisse

La Constitution fédérale reconnaît quatre langues nationales: l'allemand, le français, l'italien et le romanche.

Selon les résultats du Recensement fédéral de la population 2000: 63,7% de la population (4,6 millions) parlent allemand, 20,4% (1,4 million) français, 6,5% (470'000) italien, 05% (35'000) romanche et 9% (650'000) une autre langue non nationale.

En Suisse allemande, 80,5% des habitants (ou 90% des citoyens suisses) parlent le dialecte suisse allemand en famille. Quatre élèves sur dix ne parlent pas allemand (mais suisse allemand) à l'école.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article