Une attaque russe «massive» fait 9 morts à Kiev et dans sa région
Une attaque "massive" de missiles balistiques et de drones russes a tué au moins neuf personnes à Kiev et dans sa région, ont fait savoir mardi matin les autorités ukrainiennes. Sept personnes ont notamment péri dans un dépôt ferroviaire de la capitale.
(Keystone-ATS) «La frappe balistique a coûté la vie à sept personnes, dont six étaient nos employés. Un collègue est à l’hôpital, blessé», a écrit le chef des chemins de fer ukrainiens Oleksandr Pertsovskyi sur Facebook, faisant également état d'»importants dégâts».
Plus tôt dans la nuit, des journalistes de l’AFP avaient entendu une dizaine de fortes explosions consécutives et vu des éclairs dans le ciel de la capitale ukrainienne, après une alerte aux missiles balistiques émise par l’armée.
Armes «de haute précision»
L’administration militaire de Kiev, qui entoure la capitale, a fait état d’un total de huit morts et sept blessés, dont trois enfants, au cours de la nuit. L’armée russe a mené «une attaque massive de missiles et drones de combat» et ciblé «délibérément des installations civiles et des bâtiments résidentiels», a indiqué son chef Tymour Tkatchenko.
De son côté, le ministère russe de la Défense a annoncé avoir mené dans la nuit «une frappe massive avec des armes de haute précision à longue portée et des véhicules aériens de combat sans pilote».
Selon le ministère, les forces russes ont bombardé «des entreprises du complexe militaro-industriel ainsi que du secteur du combustible et de l’énergie dans la ville de Kiev et la région de Kiev, impliquées dans la production de systèmes de missiles, de systèmes sans pilote et de leurs composants, ainsi que dans l’approvisionnement en carburant des Forces armées de l’Ukraine».
Pénurie d’intercepteurs
Le ministère a également annoncé avoir attaqué des infrastructures dans les ports ukrainiens d’Odessa et Tchornomorsk (sud).
L’Ukraine souffre d’une pénurie d’intercepteurs, notamment de missiles américains Patriot, qui se sont raréfiés depuis l’éclatement de la guerre au Moyen-Orient, pour se défendre contre les missiles à trajectoire balistique russes de plus en plus nombreux.
Dans la nuit de vendredi à samedi, la Russie avait frappé un dépôt de munitions à Myla, en banlieue de Kiev, où étaient stockés notamment des drones et explosifs, dans une zone résidentielle habitée. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fait état de 38 morts, 20 blessés et quatre disparus.
Un port russe attaqué
En Russie, un incendie s’est déclaré dans l’important port d’Oust-Louga, sur le golfe de Finlande, visé par une attaque de drones, a annoncé mardi le gouverneur de la région de Léningrad, Alexandre Drozdenko.
«Des dégâts ont été constatés dans la zone du port d’Oust-Louga à la suite de l’attaque de drones, et un incendie est en cours», a écrit M. Drozdenko sur Telegram. Il a ensuite indiqué que 52 drones ukrainiens avaient été abattus dans la région, et qu’aucune victime n’était signalée.
Ce port, une infrastructure majeure pour les exportations russes d’engrais, de pétrole et de charbon, a été la cible d’attaques répétées de drones ukrainiens ces derniers mois.
Poutine à Bichkek
Ces attaques interviennent alors que les présidents russe Vladimir Poutine et iranien Massoud Pezeshkian doivent s’entretenir mardi en marge d’un sommet au Kirghizstan de l’organisation de coopération de Shanghai (OCS). Un bloc régional censé faire contrepoids à l’influence occidentale.
Au total, 17 chefs d’Etat et de gouvernements sont à Bichkek, capitale de ce pays montagneux d’Asie centrale, pour participer au sommet commémorant le 25e anniversaire de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
Outre sa rencontre prévue avec le dirigeant iranien, Vladimir Poutine doit aussi rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter de la guerre en Ukraine après quatre ans et demi de combats.
L’OCS a pris un nouvel élan ces dernières années sous l’impulsion de Pékin et Moscou et entend contrebalancer l’influence occidentale, même si plusieurs États membres traversent des crises majeures.
Lundi, Vladimir Poutine et le dirigeant chinois Xi Jinping ont loué en marge du sommet la relation entre Moscou et Pékin. Les deux pays ont renforcé leurs liens depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.