Une centaine de manifestants contre Cassis au dîner de la CICAD
Une centaine de personnes ont manifesté contre la venue d'Ignazio Cassis au dîner de gala de la CICAD à Genève. Dans son discours lundi soir, le conseiller fédéral a relevé que "Les juifs figurent toujours parmi les premiers visés" face à des sujets complexes.
(Keystone-ATS) «Cassis sioniste» ou «Cassis collabo», affichaient quelques pancartes devant l’hôtel Intercontinental où étaient réunis les participants au dîner de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD). Désormais, les déplacements du conseiller fédéral, surtout lorsqu’ils sont liés de près ou de loin à la situation au Proche-Orient, sont souvent l’objet de manifestations.
Il lui est reproché une position, selon les manifestants, «complice» de l’Etat hébreu que les protestataires accusent de génocide. Certains d’entre eux dénoncent également un «double discours» de la CICAD qui fait, disent-ils, l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme et font partie des pétitionnaires qui ont demandé aux autorités genevoises de mettre un terme aux subventions à cette entité.
De son côté, une Commission d’enquête internationale mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a estimé l’année dernière que quatre des cinq actes génocidaires, selon la Convention de 1948, ont été perpétrés par l’Etat hébreu dans la bande de Gaza.
Lundi soir, la police était très tendue dans un premier temps aux abords de l’hôtel, relayant plusieurs sommations avant de possibles interpellations. Elle a ensuite revu son approche, tolérant les manifestants de l’autre côté de la chaussée par rapport à l’entrée du site. Ceux-ci huaient, sifflaient et souhaitaient un «bon appétit» teinté d’accusations de «honte» aux convives.
Recul pour la cohésion sociale
M. Cassis a répété son inquiétude face à la montée de l’antisémitisme, y compris en Suisse. Il avait déjà affirmé sa préoccupation en ouvrant une conférence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) il y a trois mois.
«Lorsqu’une société recommence à chercher des coupables simples à des réalités complexes, les juifs figurent souvent parmi les premiers visés», a estimé le conseiller fédéral. Selon lui, l’invitation de la CICAD est importante parce qu’elle reflète «l’état de nos démocraties».
Et d’ajouter que les réseaux sociaux amplifient la recrudescence de l’antisémitisme. M. Cassis a mis en garde également contre la radicalisation plus large de la sphère publique et contre l’effritement de la cohésion sociale. Et la lutte contre l’antisémitisme «concerne toute la société», dit-il.