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Venezuela: la propriété d’un chef de gang pillée après sa fuite

Keystone-SDA

La maison du chef d'un des gangs qui contrôlent les zones minières du Venezuela a été pillée ces derniers jours dans le sillage de la récente opération militaire lancée lundi contre les bandes armées. Le propriétaire, Humberto Martes, alias "Humbertico", est en fuite.

(Keystone-ATS) Fenêtres brisées, matelas éventrés, animaux en décomposition, sa demeure est désormais abandonnée à Las Claritas, mais reflète toujours le luxe dans lequel il vivait, a constaté samedi une journaliste de l’AFP. Elle se trouve à Las Claritas, ville située dans une immense zone d’orpaillage du sud-est.

Pays aux plus grandes réserves de pétrole du monde, le sous-sol vénézuélien regorge également d’or, de diamant, de coltan et de terres rares. Une grande partie des zones minières, notamment son riche «arc minier» (112’000 km2) est situé dans des zones enclavées, très loin des grandes villes, et sont contrôlées par des bandes armées ou des guérillas.

Sauna, zoo et arène de combat

L’opération militaire est intervenue quelques semaines après l’adoption, sous pression américaine, d’un nouveau code minier destiné à attirer les investisseurs privés, notamment étrangers.

La demeure d’Humbertico comprend un sauna, une discothèque en plein air, un petit zoo et une arène pour les combats de coqs. «Même dans le manguier, il y a des caméras», lance une vieille dame sous couvert de l’anonymat. «Son coq mâle valait 40’000 dollars!»

La maison compte aussi des chenils, des porcheries et des écuries. «Le SEBIN [renseignement militaire, ndlr] a incité la population à rentrer. Ils ont dit: ‘Venez, prenez tout, car après nous allons tout brûler», dit la femme âgée.

Elle espère cependant le retour du «patron» et vante, comme d’autres habitants du secteur, les mérites d’Humbertico, qui, à l’image de Pablo Escobar, faisait preuve de largesses, venant en aide aux démunis.

«Si quelqu’un volait ou violait, il intervenait tout de suite. Ce n’était pas le chaos actuel: nous sommes désormais sans loi», affirme-t-elle rappelant que les gangs font la loi dans les secteurs qu’ils contrôlent.

Tous les habitants ne sont pas aussi élogieux. Certains parlent d’un «régime de terreur». La chute des chefs n’a pas effacé la peur. Samedi, certains rapportaient à la propriété des biens pillés.

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