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Droits de l’homme en Chine: un politicien UDC monte au front

In China stehen sieben Jahre Strafe auf den Besitz der tibetischen Fahne - Symbol für ein freies Tibet.

Une plainte pour violation de la loi antiraciste a été déposée contre l'ambassadeur chinois en Suisse. Rien à voir avec la communauté tibétaine de Suisse, qui s'en distancie. C'est en fait le politicien UDC Philippe Mägerle qui est à l'origine de toute l'affaire.

On l’a appris mercredi dernier: l’Action pour le droit à l’autodétermination de tous les peuples a déposé plainte contre l’ambassadeur chinois en Suisse, et contre le directeur de l’Office du tourisme chinois.

«L’Office du tourisme de la République populaire de Chine à Zurich a diffusé des brochures qui offensent les Tibétains. Les propos sont ouvertement racistes», explique Ernst R. Borer, fondateur et président de l’Action pour le droit à l’autodétermination de tous les peuples.

Les Tibétains se distancient

La Suisse accueille la plus importante communauté de Tibétains en exil de l’Occident. Ceux-ci sont actifs politiquement dans différents groupes et associations. Pourtant, ils ne veulent pas entendre parler de cette plainte. «Nous avons clairement expliqué à l’Action pour le droit à l’autodétermination de tous les peuples que nous ne voulions rien avoir à faire avec eux», souligne Dicky Thetong, président de l’Association d’amitié Suisse-Tibet.

Ernst R. Borer, lui, explique le silence des Tibétains un peu différemment: «nous avons déposé la plainte nous-même, afin de ne pas donner l’impression que les Tibétains agissent par le biais d’intermédiaires.»

C’est Philippe P. Mägerle qui est à l’origine de cette action en justice. Ce représentant de l’UDC genevoise a attiré l’attention de l’Action pour le droit à l’autodétermination de tous les peuples sur le texte incriminé. Le groupe a ensuite déposé la plainte, dans laquelle le politicien ne figure que comme témoin

Philippe P. Mägerle est co-président d’un comité zurichois opposé au jumelage de Zurich avec la ville chinoise de Kunming. Selon ce groupe, ce partenariat coûte trop cher à Zurich, et est inacceptable pour des raisons de politique extérieure. Mais Philippe P. Mägerle refuse tout lien entre ces deux oppositions à la Chine: «cela n’a rien à voir».

Immunité diplomatique

Cette intervention a cependant très peu de chances d’aboutir. «La balle est dans le camp des autorités zurichoises», explique Muriel Berset, du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE). Le canton doit se prononcer sur la recevabilité de la plainte, qui pourrait ensuite être transmise au DFAE. Berne devrait alors demander à la Chine de lever l’immunité de son ambassadeur.

Une plainte déposée par un membre de l’UDC, pour violation d’un article de la loi antiraciste: voilà qui est surprenant. Lors de son introduction, en 1995, le camps conservateur s’était en effet opposé à cette législation qu’il avait qualifiée de «muselière».

En outre, Ernst R. Borer et Philippe P. Mägerle écrivent tous deux dans le journal «Schweizerzeit». Or, selon la section suisse de l’Association pour les peuples menacés, ce journal a publié ces onze dernières années 204 articles à caractère raciste, ou opposés aux étrangers.

Une question reste dès lors ouverte: avec cette plainte, les deux politiciens n’ont-ils pas voulu démontrer l’inutilité de la loi antiraciste? Philippe P. Mägerle ne veut pas se prononcer à ce sujet. Ernst R. Borer, lui, nie y avoir pensé. Mais ajoute tout de même: «depuis que la loi antiraciste est entrée en vigueur, il est interdit de parler d’autres peuples ou races».

Le Ministère public zurichois, auprès duquel la plainte a été déposée, ne veut pas se prononcer: «nous ne pouvons pas juger les buts poursuivis par cette plainte», explique le porte-parole Urs Broder.

Philippe Kropf

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