Espace Schengen: la Suisse se remet sur orbite
Comment imaginer une association de la Suisse à l'Espace Schengen, qui prévoit la suppression des contrôles aux frontières intérieures de l'Union européenne? C'est à cette question que tentaient de répondre jeudi à Bruxelles des experts suisses et leurs collègues de la Commission européenne.
L’Union européenne voulait surtout sonder les intentions et les connaissances de la Suisse et s’assurer notamment qu’elle n’avait pas l’intention de ne prendre de Schengen que ce qui l’arrange.
Car cela avait été le cas il y a trois ans. Le Conseil fédéral n’était alors pas prêt à envisager une suppression des contrôles aux frontières. Or cette suppression est à l’origine de toute la construction de l’Espace Schengen, y compris de la Convention de Dublin sur l’asile qui intéresse également beaucoup la Suisse.
Ce premier contact défini comme «technique» était tout de même organisé à haut niveau. Côté suisse, la délégation était menée par l’ambassadeur Michael Ambühl, chef du Bureau de l’intégration et à ce titre responsable du deuxième cycle de négociations bilatérales Suisse-Union européenne. Il faisait face à Gustaaf Borchardt, directeur à la direction générale Justice et Affaires intérieures de la Commission européenne.
Les participants suisses ont le sentiment d’avoir passé avec succès ce premier examen. Ils se disent conscients des implications d’une participation de la Suisse à l’Espace Schengen. La Suisse suggère un fonctionnement semblable à celui de la Norvège et de l’Islande, non-membre de l’Union mais participant à l’Espace Schengen dès le 25 mars prochain.
A la Commission européenne, on se méfie de ce parallélisme et on ne se lasse pas de rappeler que la Norvège et l’Islande disposaient déjà d’une union douanière avec les pays nordiques membres de l’Union. Autant dire que ce précédent n’est pas synonyme de garantie pour la Suisse.
De part et d’autre, les participants décrivent une bonne atmosphère de travail, éloignée de la tension du premier tour d’horizon bilatéral en janvier dernier. Prochain rendez-vous: le 16 mars pour une séance de coordination. Entre temps, la Commission aura expliqué aux pays membres ce que la Suisse veut.
Thierry Zweifel, Bruxelles
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