Affaire Bogousslavsky: l’accusé explique ses procédés
(Keystone-ATS) Lausanne – Au deuxième jour de son procès à Lausanne, l’ex-chef du service de neurologie du CHUV s’est expliqué sur l’utilisation de fonds de recherche pour assouvir sa passion des livres. Au civil, il s’est engagé à rembourser 4,95 millions de francs à l’Etat de Vaud.
Entre 2000 et 2006, Julien Bogousslavsky s’est fait verser sur des comptes externes au CHUV des montants destinés à des recherches ou des réunions d’experts. «A un certain moment, j’ai commencé à les utiliser pour l’acquisition de livres. Lorsque je voulais acheter un ouvrage cher, de 100’000 euros, c’est là-dedans que je puisais».
«Vous utilisiez aussi ces comptes pour la trésorerie de votre ménage. Pas seulement pour acheter enfin cet ouvrage d’Apollinaire qui vous intéressait. C’était plus terre-à-terre», a lancé le président du tribunal Jean Daniel Martin. «Et on n’a jamais vu l’ébauche d’un remboursement, alors que vous aviez l’argent».
L’accusé a reconnu ses «dérapages» et son comportement «inadéquat». Il n’avait pas la «volonté» de tromper. Il parle de «grande confusion dans l’utilisation des fonds» et d’une «dérive générale». Surtout, il insiste sur le fait que les recherches promises étaient faites, même s’il empochait l’argent.
«On ne peut pas me reprocher que la recherche du service de neurologie était insuffisante. Nous étions reconnus comme les meilleurs, ou les 2e meilleurs au CHUV». L’ex-professeur dirigeait 120 personnes.