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Seule la violence restera associée au sommet de Gênes

Les manifestants pacifiques n’ont pas pu se faire entendre à Gênes. Keystone

La plupart des commentateurs des journaux suisses n'ont pu que constater, lundi, l'échec du sommet du G8 à Gênes. Les huit puissances mondiales ne sont arrivées à rien de concret. Mais c'est aussi un constat d'échec pour les opposants, débordés par les casseurs.

Pour les chroniqueurs, les chefs des pays les plus importants de la planète n’ont pas réussi à s’entendre sur les sujets les plus sensibles, notamment sur la suppression de la dette du Tiers Monde. Ainsi, pour le Tages Anzeiger, on peut parler d’un «fiasco de Gênes».

Un premier martyr

Ce sommet restera surtout dans les mémoires en raison des violences et de la mort d’un manifestant. La Neue Zuercher Zeitung résume d’ailleurs bien l’opinion générale en écrivant: «l’image qui restera est celle de la victime, non de la réunion des chefs d’Etat dans la pompe du Pallazzo Ducale».

Cette violence était d’ailleurs programmée d’avance, tant à cause de la détermination des manifestants que de la mobilisation policière. Pour la Basler Zeitung, il s’agissait «d’une folie qui devait se terminer en catastrophe».

Les chroniqueurs déplorent bien entendu les violences gratuites et surtout la mort d’un manifestant. « Une mort inutile, sauf pour ceux qui cherchaient un martyr à immoler», note le Corriere del Ticino.

Manifestants dépassés

Finalement, ce sont surtout les casseurs qui ont marqué ce sommet. «Ils ont volé la vedette à la rencontre, mais aussi à la majorité pacifique des manifestants», écrit le Bund. Et la Tribune de Genève de renchérir: «De part et d’autre de la zone rouge, le constat d’échec est ainsi patent. La violence des casseurs a totalement dépassé l’objectif d’une lutte légitime».

Car pour de nombreux commentateurs, les antimondialistes ont donc tout autant pâti des violences que les membres du G8. «La guerre de rues porte le germe de destruction du mouvement anti-mondialisation», avertit la Tribune de Genève.

D’autant que les casseurs ont empêché les authentiques manifestants de se faire entendre. «Dans l’esprit des leaders mondiaux, les événements de Gênes se résument à l’équipée sauvage d’une escouade d’anarchistes», relève ainsi Le Temps.

A l’avenir, les anti-mondialisations feraient donc bien de changer de stratégie. «Ils auraient plutôt intérêt à agir localement ; ils gagneraient en audience», note 24 Heures. Quant à La Liberté, elle conseille aux opposants de transformer leur contestation en «énergie positive».

Sommets dépassés

En fin de comptes, les commentateurs jugent généralement que les grands sommets de type Gênes sont dépassés. «Tout ça pour ça», titre d’ailleurs, ironique, 24 Heures.

Pour échapper à la contestation, le prochain sommet du G8 ira se perdre dans les Rocheuses canadiennes. Or pour beaucoup de commentateurs, il s’agit d’une fuite en avant.

Rare sont en fait les journaux qui pensent que le sommet de Gênes a eu une utilité. Le Matin parle toutefois d’un «G8 utile», dans la mesure où il sera désormais indispensable d’écouter la société civile ainsi que les pays pauvres. Mais le quotidien romand est bien seul à partager cette idée.

Olivier Pauchard

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