Centre neuchâtelois de psychiatrie: députés inquiets
Le Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP) inquiète à nouveau les députés. En réponse à une interpellation urgente de députés interpartis, le conseiller d'Etat Frédéric Mairy, en charge de la santé, a expliqué mardi qu'il n'y a pas lieu d'assainir la situation, même si les défis sont importants.
(Keystone-ATS) Face à de récents suicides, qui ont fait l’objet de plaintes pénales, Frédéric Mairy a rappelé que le «taux de suicides» au sein du CNP est dans la fourchette basse des normes épidémiologiques pour ce type d’établissement. «Chaque cas est analysé pour voir quels enseignements en tirer. C’est un drame pour la famille mais aussi pour le personnel concerné», a ajouté le conseiller d’Etat.
L’institution possède un outil de reporting où chaque élément indésirable grave est consigné et ensuite notamment évalué par le médecin cantonal. «Il n’y a pas d’élément montrant qu’il faut assainir la situation», a expliqué Frédéric Mairy, en réponse à l’interpellation interpartis, portée par Maxime Auchlin (PVL).
Davantage de lits ?
Les députés se demandaient s’il ne fallait pas ouvrir de nouveaux lits afin de réduire le taux d’occupation, qui serait de plus de 100%. Frédéric Mairy a répondu que le CNP dispose de quelques lits supplémentaires qui permettent d’adapter le dispositif ordinaire en cas de besoin.
«Si l’on veut augmenter le nombre de lits, cela aura un coût financier», a rappelé le conseiller d’Etat. Selon lui, «cette demande met en lumière des attentes contradictoires: on veut des prestations de qualité, avec un souci d’efficience et que cela coûte le moins possible».
Frédéric Mairy a précisé, en répondant à une question de Sarah Bertschi (PS), que le taux de démission au sein de l’établissement s’améliore, en lien avec les mesures prises, et qu’il est passé de 12,72% en 2024 à 2,88% pour les cinq premiers mois de 2026. Le taux d’absentéisme est globalement stable depuis 2024 et s’est élevé à 8,9% pour la période concernée en 2026.
Dans une enquête parue récemment, Arcinfo avait donné le chiffre de cinq décès de patients en treize mois (entre avril 2025 et mai 2026), dont quatre suicides. Trois des familles ont porté plainte contre l’institution. Un collectif de soignants avait alerté en avril 2024 les autorités neuchâteloises de carences en matière de soins au sein du CNP.