La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Iffelentraeger

Aujourd’hui en Suisse

Chères Suissesses, chers Suisses de l’étranger,

Salutations ensoleillées de Berne!

Beaucoup d’enfants (mais aussi d’adultes) en Suisse accueillent des visiteurs un peu particuliers aujourd’hui. C’est Samichlaustag (la Saint-Nicolas en suisse-allemand) et, selon la tradition, Samichlaus et son assistant, Schmutzli (le Père Fouettard), visitent les maisons et les écoles pour distribuer des friandises. Malheureusement, il y aura moins de visites cette année et je vous explique pourquoi dans cette sélection de l’actualité.

Mais d’abord, nous nous pencherons sur les autres nouvelles du jour: un serrage de vis à l’égard des Ukrainiennes et Ukrainiens demandant l’asile, la fermeture d’une centrale nucléaire et un entretien avec le président du TCS sur l’avenir des voitures en Suisse.

Excellent week-end!

Beznau
Keystone / Gaetan Bally

L’annonce de la fermeture d’une centrale nucléaire ouvre la voie à de nouveaux débats.

L’annonce hier de la fermeture de la centrale nucléaire de Beznau par son exploitant Axpo n’a pas surpris la classe politique, qui était occupée à discuter du budget 2025 au Palais fédéral. En revanche, elle a relancé le débat sur la manière de répondre aux besoins énergétiques de la Suisse, analyse la plateforme d’information Watson.

Pour le centriste Stefan Müller-Altermatt, cette décision est le «signe d’un refus de s’accrocher à l’énergie nucléaire». En 2011, après la catastrophe de Fukushima, le gouvernement fédéral suisse avait décidé de sortir progressivement de l’énergie nucléaire. En mai 2017 et à nouveau en juin 2024, la population suisse a approuvé cette décision et soutenu le développement des énergies renouvelables.

Vincenz-Stauffacher, membre du Parti libéral-radical (PLR), voit la décision d’Axpo comme «un nouveau signal d’alarme nous invitant à développer rapidement les énergies renouvelables».

Lorsqu’elle sera débranchée, la centrale de Beznau approchera de l’âge de la retraite: à 64 ans, elle sera la plus ancienne centrale nucléaire en activité dans le monde. Elle produit actuellement 7,9% de l’électricité totale de la Suisse. L’arrêt de son activité pourrait-il entraîner une pénurie d’électricité?

Le président du PLR, Thierry Burkart, estime que des centrales de réserve, dépendantes des combustibles fossiles, seront nécessaires après l’arrêt de Beznau. Pour lui, cela «met en évidence l’échec complet de la politique énergétique suisse».

Les parlementaires débattent actuellement d’un «décret d’accélération» visant à accélérer les projets d’énergies renouvelables, notamment en raccourcissant le délai de construction des centrales hydroélectriques et en prolongeant le financement de démarrage des projets d’énergie solaire, bien que ce dernier point reste controversé.

Mais des questions plus larges demeurent: qu’adviendra-t-il des deux dernières centrales nucléaires suisses? Les défis énergétiques pourraient-ils entraîner un retour du nucléaire?

«L’idée d’une longue durée d’exploitation des centrales nucléaires et des subventions correspondantes n’est plus d’actualité», estime Roger Nordmann, membre du Parti socialiste, ajoutant que les gros investissements dans des installations nucléaires vieillissantes ne sont pas rentables.

Ukraine
Keystone / Ennio Leanza

Le directeur de la sécurité de la ville de Zurich serre la vis à l’égard des personnes ukrainiennes demandant l’asile.

Dans une lettre envoyée mardi au Secrétariat d’État aux migrations (SEM), le directeur de la sécurité de Zurich, Mario Fehr, fait valoir que la ville de Zurich a suffisamment supporté le fardeau de l’asile et qu’elle n’acceptera plus de demandeurs et demandeuses d’asile provenant de régions ukrainiennes non occupées par la Russie ou situées à proximité des lignes de front de la guerre.

«Si Zurich ne faisait pas ce travail pour le gouvernement fédéral et les autres cantons, le système d’asile suisse s’effondrerait du jour au lendemain»,poursuit la lettre, avec une mise en garde ciblée contre la politique du gouvernement fédéral.

L’année dernière, la police cantonale de Zurich a procédé à 3400 expulsions, un nombre qui a augmenté cette année. Chaque expulsion nécessite 30 à 40 agents.

La loi suisse sur l’asile dispose que les procédures doivent être conclues dans un délai d’un an. Or, à l’heure actuelle, 17’000 demandes d’asile sont en suspens, auxquelles s’ajoutent 5000 demandes de statut S, écrit la Neue Zürcher Zeitung (NZZ).

Le ministre de la Justice, Beat Jans, a eu du mal à atteindre ses objectifs cette année, en partie à cause du nombre record de demandes d’asile. Néanmoins, des améliorations ont été apportées: 60 nouveaux postes ont permis d’accélérer la résolution des cas et davantage d’expulsions ont été effectuées par rapport aux années précédentes.

Lors d’une récente visite dans un centre d’asile fédéral, Beat Jans a déclaré: «Nous fixons les bonnes priorités, mais les procédures doivent encore être accélérées.»

  • L’article complet dans la NZZLien externe (en allemand, sur abonnement) 
Peter Goetschi
Peter Goetschi, à droite sur la photo. Keystone / Anthony Anex

«Les villes ne sont pas des îles: le transport routier remplit les supermarchés.»

Dans une interview accordée au Temps, le président du Touring Club Suisse (TCS) Peter Goetschi évoque l’avenir des autoroutes suisses après le rejet récent des projets d’élargissement.

Il y a deux semaines, l’électorat suisse a dit non aux projets d’élargissement de plusieurs tronçons autoroutiers. Peter Goetschi estime qu’il existe des possibilités d’amélioration, notamment en Suisse romande. Les embouteillages sont une réalité quotidienne et ne cessent d’augmenter, dit-il. Pour Peter Goetschi, les infrastructures routières et ferroviaires doivent rester fonctionnelles et fiables.

«Les villes ne sont pas des îles, souligne-t-il. Une ville vit aussi des gens qui y viennent pour manger, pour faire leurs courses, pour étudier, pour la culture… Et c’est le transport routier qui remplit les supermarchés et magasins. On ne peut pas dire que, chez nous, on ne vient qu’à vélo, en train ou en bus. Quelqu’un qui vit à la campagne (…) doit pouvoir venir à Lausanne ou Genève en bénéficiant d’infrastructures adaptées», ajoute-t-il.

Peter Goetschi estime que le rejet de l’extension des autoroutes n’était pas un vote anti-route ou anti-voiture, mais qu’il s’agissait d’un rejet ciblé de projets spécifiques. Il admet cependant que le message de la campagne était «trop rationnel et pas assez émotionnel».

Bien que les préoccupations environnementales restent l’argument principal de l’opposition à l’élargissement des autoroutes, Peter Goetschi souligne que le canton du Valais a refusé le même jour les projets autoroutiers et la loi sur le climat.

Samichlaus
Keystone / Gaetan Bally

Une pénurie de Saint-Nicolas?

Aujourd’hui, c’est la Saint-Nicolas (Samichlaustag en Suisse alémanique). Les enfants et les adultes reçoivent traditionnellement la visite de Samichlaus et de ses assistants, qui leur apportent des mandarines, des noix et du chocolat. Mais dans certaines villes, il se peut que l’on ne frappe pas à la porte.

Dans les villes, la demande de Samichlaus dépasse de loin l’offre. À Winterthour, les réservations pour les visites du 6 décembre ont été complètes en 15 minutes.

La Société Saint-Nicolas de Zurich est à pleine capacité, avec 600 visites par jour. Elle explique que la pénurie est en partie due à un manque de recrues. Aucun nouveau Samichlaus n’a été formé pendant la pandémie. Or «la formation est essentielle, car les pratiques d’il y a 10 ou 20 ans ne sont plus acceptables», souligne Philipp Rellstab, de la Société Saint-Nicolas de Zurich.

Pas de pénurie de Saint-Nicolas en zones rurales. À Mels, dans le canton de Saint-Gall, par exemple, les Samichlaus ne manquent pas. «J’ai lu qu’il y avait une pénurie à Zurich. Nous n’avons pas ce problème», se félicite Erich Riget, fondateur de Melser Chläuse et membre du conseil d’administration de l’organisation Samichlaus Suisse.

Espérons que tout le monde recevra la visite du joyeux Saint-Nicolas et que personne n’aura de charbon dans ses chaussettes.

Plus

Discussion
Modéré par: Zeno Zoccatelli

Avez-vous déjà entendu quelque chose d’«étrange» à propos de la Suisse qui vous a intrigué?

Une anecdote liée à la Suisse vous a interpellé? Faites-nous-en part et nous pourrons peut-être approfondir le sujet dans un article.

52 J'aime
51 Commentaires
Voir la discussion
Iffelentraeger
Keystone / Philipp Schmidli

La photo du jour

La photo d’aujourd’hui montre le défilé lumineux des Iffelenträger, qui a lieu chaque année la veille de la Saint-Nicolas. Les Iffel sont des lanternes portées sur la tête, qui ont la forme de coiffes d’évêques surdimensionnées. Les lanternes sont fabriquées à partir de matériaux légers (balsa ou carton), recouvertes de papier calque coloré et décorées de motifs.

Sur la photo prise jeudi 5 décembre, on voit le défilé traverser le village de Kuessnacht am Rigi, dans le canton de Lucerne, à l’occasion de la traditionnelle Klausjagen (chasse au Saint-Nicolas).

Traduit de l’anglais par Pauline Turuban avec DeepL

Les plus lus
Cinquième Suisse

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision