Aujourd’hui en Suisse
Chers lecteurs, chères lectrices,
Plus de 2000 personnes n’ont pas pu exercer leurs droits démocratiques le 8 mars, en raison d’un problème technique lié à une clef USB. Ce qui s’est passé à Bâle‑Ville remet en question la fiabilité du vote électronique.
Même si, dimanche, le peuple a décidé de ne pas réduire drastiquement la redevance de la SSR, il est clair que le service public devra se transformer. La manière d’y parvenir fait toutefois déjà l’objet de vifs débats.
Bonne lecture!
Un problème technique survenu dans le système de vote électronique de Bâle‑Ville, qui a rendu impossible le dépouillement de 2 048 votes – principalement de Suisses de l’étranger – a marqué les votations fédérales. Ce «couac» alimente la crainte d’un dommage durable à la confiance envers le vote en ligne.
L’existence du problème, causé par une clef USB défectueuse nécessaire pour déchiffrer l’urne numérique, n’a été annoncée que vendredi, trop tard pour que de nombreuses personnes puissent s’organiser autrement pour exprimer leur vote.
Parmi les personnes concernées figure l’ancienne députée bâloise Christine D’Souza, résidante en France, qui critique le canton pour le retard dans la communication et envisage de déposer une plainte pour violation des droits politiques.
Le Ministère public cantonal a ouvert une procédure pénale concernant cette affaire, tandis que le canton a annoncé son intention de faire analyser l’incident par un organisme externe. L’essai du vote électronique sera suspendu au moins jusqu’à la fin de l’année.
Des politologues comme Lucas Leemann et Michael Herrmann avertissent que l’affaire risque de porter un sérieux coup à la crédibilité du vote électronique, au moment même où Bâle‑Ville souhaite l’étendre également aux personnes résidant en Suisse (actuellement, en plus des personnes vivant à l’étranger, seules les personnes en situation de handicap y ont accès). L’épisode offre en effet un nouvel argument aux détracteurs du système qui dénoncent les risques techniques du système et nuit à l’image du projet au niveau national.
La police fédérale suisse (Fedpol) a transmis au ministère public valaisan un signalement pour possible blanchiment d’argent visant Jacques et Jessica Moretti, les gérants du bar «Le Constellation» à Crans‑Montana, établissement dans lequel 41 personnes ont perdu la vie lors de l’incendie du Nouvel An.
Le document que la RTS a pu consulter, transmis le 24 février, mentionne des hypothèques, des contrats de leasing, des aides publiques, des activités conformes et d’autres plus suspectes, comme des prêts non justifiés ou des remboursements sans prêt initial.
L’Office de communication en matière de blanchiment d’argent (MROS) de la police fédérale remet en question en particulier les nombreux transferts de fonds entre les différentes sociétés détenues par le couple, ainsi que de possibles liens avec le banditisme corse. Les montants en jeu atteignent plusieurs centaines de milliers de francs. Il appartiendra au ministère public valaisan de décider de la suite à donner à cette communication.
Par ailleurs, le Parlement a approuvé ce mardi un projet de loi urgent qui prévoit l’octroi d’une contribution de solidarité de 50’000 francs pour chacune des personnes blessées dans l’incendie, ainsi que pour les familles de celles qui ont perdu la vie. Le Parlement du canton du Valais, pour sa part, discutera jeudi de la création d’une fondation destinée aux victimes et à leurs proches, ainsi que de l’attribution de 10 millions de francs pour l’alimenter.
À quoi ressemblera la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR) du futur? Un sondage de Tamedia fait état de profondes divergences d’opinions au sein de la population.
Même si le peuple a rejeté dimanche, en votation, l’initiative qui demandait de réduire la redevance à 200 francs par an et par ménage, la SSR devra malgré tout réaliser des économies, puisque selon les plans du gouvernement, la redevance sera de toute façon abaissée de 335 à 300 francs. Le conseiller fédéral Albert Rösti a donc souligné la nécessité de redéfinir le mandat de la SSR en vue de la nouvelle concession prévue pour 2029.
Mais le sondage montre que les opinions divergent fortement quant aux aspects qui devraient être réduits ou développés. Seule l’information est considérée comme la mission principale du média de service public par toutes les catégories de la population.
Ce sont les autres domaines qui divisent, écrivent les titres de Tamedia. Les personnes qui votent à gauche souhaitent davantage de culture et d’éducation, tandis que celles proches de la droite désirent plus de sport. Et alors que le gouvernement veut réduire l’offre en ligne, les générations plus jeunes aimeraient au contraire la voir augmenter.
On a beaucoup parlé de l’armée ce mardi au Parlement. Voici une sélection, non exhaustive, des décisions prises par les Chambres fédérales.
Le Conseil des États a réaffirmé son soutien à une motion visant à empêcher que les personnes franco-suisses échappent au service militaire en Suisse en se contentant de participer à la «Journée de la défense et de la citoyenneté» en France. Il ne s’est donc pas aligné sur la demande de la Chambre basse, qui souhaite l’introduction d’une règle généralisée pour toutes les personnes disposant de la double nationalité.
Après le Conseil national, les États ont également approuvé mardi, tacitement, une motion qui permettrait aux anciens militaires de servir à nouveau dans l’intérêt du pays. Feu vert également à une motion visant à supprimer les désavantages fiscaux pour les femmes dans l’armée, qui devraient ainsi être mieux rémunérées à l’avenir.
La Chambre haute a accepté la demande du gouvernement d’autoriser l’engagement de l’armée pour garantir la sécurité lors du sommet du G7 qui se tiendra à Évian, en France voisine, du 16 au 17 juin, et a approuvé la prolongation jusqu’en 2029 de la mission de maintien de la paix au Kosovo, Swisscoy.
Texte traduit de l’italien à l’aide de l’IA/op
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