Aujourd’hui en Suisse
Chères Suissesses, chers Suisses de l'étranger,
La vente d’armes suisses à d’autres pays revient au centre du débat: une inspection en Jordanie sème le doute quant au respect de l’interdiction de réexporter du matériel de guerre suisse imposée par la Confédération.
Il s’agit d’une règle que le Parlement souhaite assouplir, mais c’est le peuple qui aura le dernier mot en votation.
Bonne lecture!
L’interdiction de réexporter des armes vendues par la Suisse à d’autres pays fait à nouveau l’actualité. On apprend aujourd’hui que la Jordanie a partiellement refusé à une délégation helvétique de contrôler les armes exportées par la Confédération.
Les pays qui importent des armes suisses ne peuvent pas les transférer à d’autres. La Confédération peut vérifier sur place, par le biais de ce qu’on appelle les «Post-Shipment Verifications» (PSV, vérifications post-expédition), si le matériel de guerre se trouve toujours dans l’État destinataire. Ce n’est qu’alors qu’il est possible de déterminer dans quelle mesure le pays en question a réellement respecté l’engagement pris au moment de l’achat.
En février, les inspecteurs envoyés en Jordanie n’ont pu vérifier la présence que d’un peu plus d’un tiers du matériel vendu par la Suisse, indique le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) dans un rapport que la Radio-Télévision suisse alémanique SRF a pu consulter en vertu du principe de transparence. Les conséquences de cette situation ne sont pas encore claires, mais le document précise que le résultat de l’inspection sera pris en compte lors de l’examen des futures demandes de la Jordanie.
Depuis l’introduction de ces contrôles il y a plus de 10 ans, la Suisse a effectué environ 70 inspections dans 42 pays. À l’avenir, celles-ci pourraient devenir moins fréquentes, car le Parlement a assoupli plusieurs aspects de la loi sur le matériel de guerre. Un référendum a toutefois été lancé avec succès contre cette révision. C’est donc le peuple qui devra se prononcer sur la question, au plus tôt en septembre.
Dès le mois de mars 2027, les premiers permis de séjour (permis B) seront délivrés aux personnes réfugiées ukrainiennes arrivées en Suisse après l’invasion de leur pays par la Russie. Elles bénéficieront ainsi du même niveau d’aide sociale que les personnes de nationalité suisse, une situation qui inquiète les cantons et les communes en raison de l’augmentation des coûts que cela risque d’entraîner.
Selon une analyse de la Confédération consultée par le quotidien Blick, environ 47’000 Ukrainiens et Ukrainiennes auront le droit de demander un permis B l’année prochaine. Selon les cantons, cela risque de coûter très cher.
Le canton de Vaud, par exemple, estime ces dépenses supplémentaires à 25 millions de francs par an, voire 75 millions avec la fin des financements fédéraux prévue dans le cadre des mesures d’économie de la Confédération. Le canton d’Argovie prévoit des coûts supplémentaires de 30 millions, un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2029.
«Nous ferons tout pour éviter ces coûts supplémentaires, notamment en intervenant auprès de la Confédération à Berne», a déclaré à la RTS la ministre vaudoise de l’économie, Isabelle Moret. Elle propose que le Conseil fédéral modifie une «simple ordonnance» afin que l’aide sociale versée aux Ukrainiennes et Ukrainiens après l’obtention du permis B soit la même que celle versée actuellement.
Un morceau de Suisse s’est envolé dans l’espace mardi matin avec Smile, première mission spatiale conjointe entre l’Europe et la Chine, qui a décollé à 05h52 (heure suisse) depuis la Guyane française. Plusieurs composants ont en effet été développés par la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse (FHNW) de Brugg, dans le canton d’Argovie.
Acronyme de «Solar Wind Magnetosphere Ionosphere Link Explorer», Smile a pour objectif d’étudier le vent solaire, cet ensemble de particules chargées qui frappent continuellement notre planète et influencent le champ magnétique terrestre, avec des conséquences possibles pour les télécommunications et les satellites en orbite. «C’est maintenant que commence la phase la plus passionnante», a déclaré Säm Krucker, qui dirige le projet Smile à la FHNW. Le satellite collectera des données dans l’espace pendant trois ans.
Un système de refroidissement destiné au télescope embarqué sur le satellite a été développé, testé et perfectionné à la FHNW. L’équipe de recherche suisse a également contribué au logiciel de la mission en développant des algorithmes destinés à améliorer la qualité d’image de la caméra grand angle. La coque de la fusée qui protège le satellite a quant à elle été réalisée par l’entreprise Beyond Gravity, située à Emmen, dans le canton de Lucerne.
Le peuple suisse a l’habitude de se prononcer sur les thèmes les plus divers et pourrait bientôt être appelé à décider s’il faut inscrire dans la Constitution la protection et la conservation des insectes pollinisateurs. Une alliance non partisane a en effet lancé mardi l’initiative populaire «Pour la sauvegarde de la pollinisation des plantes cultivées et sauvages par les insectes» (Initiative pour les abeilles).
«C’est un bourdonnement qui fait tourner le monde», a déclaré la présidente d’Apisuisse et vice-présidente des Verts suisses, Samantha Bourgoin, rappelant qu’en Europe, environ 84% des cultures dépendent de la pollinisation par les insectes. «Une bouchée sur trois, nous la leur devons», a-t-elle souligné, expliquant que la valeur de la pollinisation est estimée à 479 millions de francs par an rien que pour l’agriculture suisse.
Les abeilles mellifères sont toutefois en difficulté et doivent lutter contre les maladies, les parasites et les espèces envahissantes. Près de la moitié des plus de 600 espèces d’abeilles sauvages présentes sur le territoire helvétique est en outre menacée, tandis que 59 espèces sont considérées comme éteintes.
Si l’initiative lancée aujourd’hui recueille au moins 100’000 signatures, le peuple devra décider s’il convient d’inscrire dans la Constitution l’obligation, pour la Confédération et les cantons, de garantir la pollinisation des plantes cultivées et sauvages par les insectes en mettant à disposition les ressources et les moyens financiers nécessaires.
Traduit de l’italien à l’aide de l’IA par Emilie Ridard/ptur.
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