Ariane Dubillard, l’amour en bandoulière
La fille du célèbre dramaturge français Roland Dubillard chante son père, Kurt Weill et Prévert au Théâtre Kléber-Méleau, à Lausanne. Rencontre.
Elle dit qu’elle a connu plein d’hommes riches, bien habillés, qui avaient de bonnes manières, mais qu’elle n’a jamais voulu coucher avec eux parce qu’ils ne l’attiraient pas. Et voilà qu’un voyou débarque; il est sale, il est insolent, mais elle est comme happée par lui. Pourquoi? Elle ne sait pas.
Elle, c’est un être de papier, le personnage de «Barbara Song», une des chansons que Kurt Weill composa pour «L’Opéra de Quat’sous» de Bertolt Brecht.
C’est donc une histoire de fiction, mais elle aurait pu être réelle tant il est vrai que l’on vit tous les jours ce genre de contradictions. Le cœur décide, la tête s’incline.
Des aventures où tout grince
On l’a si souvent dit. Mais Ariane Dubillard le redit dans son récital «Le lézard de l’amour» donné au Théâtre Kléber-Méleau, à Lausanne. Elle chante les amours pourries, malheureuses, «parce que, confie-t-elle, c’est amusant et drôle de raconter des aventures où tout grince».
Va donc pour l’humour, son arme préférée qu’elle utilise «pour se refaire une santé, pour se reconstruire», comme elle dit. Un humour tonifiant qu’elle retrouve chez Weill bien sûr, mais aussi chez Prévert, Christiane Verger, Trenet… Autant d’auteurs/compositeurs dont la joie de vivre correspond parfaitement à la sienne.
Chez eux, elle a puisé la matière de son récital qu’elle promène sur les scènes depuis cinq ans, avec des petites retouches adaptées à l’air du moment. C’est elle qui a monté son spectacle avec l’aide du compositeur et metteur en scène Michel Artbatz.
«Ce qui me fascine, explique-elle, c’est de découvrir à chaque tournée combien les textes que j’ai choisis correspondent à ma sensibilité. A la limite, j’aurais pu les écrire moi-même».
Mais la fille du célèbre dramaturge Roland Dubillard n’a pas voulu toucher à l’écriture. Pour se démarquer de son père. Son épanouissement, elle l’a trouvé dans la chanson, «une spécificité artistique à laquelle Roland n’avait pas accès», lâche-t-elle dans un rire.
Disons que c’est sa manière de se protéger d’un génie auprès duquel il ne lui était pas facile de vivre, mais auquel elle emprunte avec bonheur quelques poèmes pour les mettre en musique.
swissinfo/Ghania Adamo
«Le lézard de l’amour», à Lausanne, Théâtre Kléber-Méleau; jusqu’au 9 juin. Tel: 021/625 84 29
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