«Con forts fleuve», embrasé par le feu du désir et de l’artillerie
A Genève, le Festival de la Bâtie accueille la pièce chorégraphique du Français Boris Charmatz. Un spectacle habité par la violence, mais touchant par moments.
La programmation danse du Festival de la Bâtie – qui se tient à Genève jusqu’au 15 septembre – s’ouvre avec un spectacle de Boris Charmatz, chorégraphe français de 28 ans qui a choisi pour sa pièce le titre détonnant de «Con forts fleuve».
Le confort, on n’y goûtera pas néanmoins dans le spectacle ponctué des stridences d’une bande-son où se mêlent voix humaines aux abois, bruits de mitraillettes et de bombes.
C’est que la guerre est au cœur de cette chorégraphie où sept danseurs, à la tête couverte de cagoule, livrent, tels des combattants de l’ombre, une guerre des sexes que la pièce retient dans son titre comme une boutade.
Pour filer la métaphore du feu (feu du désir, feu de l’artillerie), Boris Charmatz s’est inspiré d’un texte de l’Américain John Giorno qui évoque une rencontre sexuelle avec «sept officiers cubains en exil».
Partie de plaisir donc où les danseurs tantôt exaltés, tantôt anéantis par la violence de l’amour physique, se laissent, à la fin, échouer sur la scène comme les naufragés d’un radeau. Leurs corps se recouvrent alors progressivement de toiles qui tombent des cintres comme des linceuls.
C’est le plus beau tableau de cette chorégraphie qui parle de chaleur mais peut, par moments, laisser le spectateur froid.
Ghania Adamo
«Con forts fleuve». Festival de La Bâtie, Genève. Jusqu’au 1er septembre. Tel: 022/738.19.19.
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