Guillaume Tell dans les Arènes d’Avenches
Exo.02 oblige, l'oeuvre de Rossini est à l'affiche du 8e Festival d'opéra d'Avenches. Avec également «Tosca» de Puccini.
«On a choisi une double programmation cette année – «Guillaume Tell» de Rossini et «Tosca» de Puccini – car c’est l’année de l’exposition nationale», déclare Michel Doleires.
Et le responsable de la communication du festival de poursuivre: «Guillaume Tell» a reçu le patronage d’Expo.02 et, de plus, cet opéra est rarement présenté en Suisse. On a ainsi tablé sur la fibre patriotique».
Pour le président de la Confédération, Kaspar Villiger, ces trois représentations de Guillaume Tell, tout comme l’invitation adressée aux cantons de Suisse centrale, hôtes d’honneur du Festival d’Avenches, devraient contribuer au rapprochement des différentes cultures helvétiques.
Autour d’un héros
Héros légendaire de l’indépendance helvétique (fin du 13e siècle), Guillaume Tell inspire d’abord une pièce de théâtre au dramaturge allemand Friedrich von Schiller en 1804, puis un opéra à Gioacchino Rossini en 1829, alors que le compositeur italien est âgé de 37 ans.
On notera que Guillaume Tell est la dernière œuvre littéraire écrite par Schiller et le dernier opéra composé par Rossini. Un opéra dont l’ouverture est admirable.
Le solo de violoncelle vous transporte dans une poésie montagnarde. Certaines notes s’étirent tragiquement comme l’arc tendu de Guillaume Tell prêt à viser la pomme placée au-dessus de la tête de son fils. Geste symbolique du réveil combatif des peuplades de la Suisse primitive.
Et même si Gioacchino Rossini passe pour être devenu le compositeur modèle de l’opéra français, c’est la version italienne de «Guillaume Tell» qui sera chantée dans les Arènes d’Avenches. Cet opéra sera dirigé par Nello Santi, une des plus fines baguettes internationale du répertoire lyrique.
Pour interpréter les deux opéras: les 90 musiciens du Philharmonique de Turin et les 80 chanteurs du Chœur du Festival d’Avenches, préparés au préalable par le Suisse Pascal Meyer.
Une seule soliste suisse
Parmi la dizaine de grands solistes, une seule artiste suisse: Ursula Füri-Bernhard, qui interprète les 17 et 19 juillet le rôle de Floria Tosca.
La belle cantatrice bernoise a acquis en quelques années seulement une convaincante réputation internationale. Elle chante pour la quatrième fois dans les Arènes d’Avenches, après le Requiem de Verdi en 1997, Turandot en 1998 et Aïda en 2000.
Sinon, les autres têtes d’affiche sont presque toutes d’origine italienne. Avec notamment le baryton italo-espagnol Giorgio Cebrian dans le rôle très helvétique de Guillaume Tell.
Il faut également relever que l’opéra de Guillaume Tell ne se donne que trois fois – les 6, 10 et 13 juillet – et dure pas moins de quatre heures en quatre actes. Alors que Tosca se déroule sur 2h45, les 5, 12, 17 et 19 juillet, en trois actes.
5 millions sous le soleil couchant
Budget de ces deux opéras: 4,8 millions de francs. Pour rentabiliser l’opération, le Festival d’Avenches a besoin de 3,2 millions de recettes en billetterie. Auxquels il faut ajouter 800 000 francs pour le sponsoring et la même somme pour les ventes directes sur le site, telles les boissons.
En d’autres termes, Avenches n’attend pas moins de 34 000 spectateurs pour les trois représentations de Guillaume Tell et les quatre de Tosca. Reste à convier le beau temps…
swissinfo/Emmanuel Manzi
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