Happy and sad birthday
Récemment primé à Saarbruck, "Birthday" de Stefan Jäger a été dévoilé en avant-première suisse à Soleure, où ont pris fin dimanche les 36èmes Journées cinématographiques. Belle surprise.
Salle archi-comble, public suspendu aux lèvres des comédiens. Et des rires, francs et massifs… jusqu’au moment où le drame l’emporte sur la comédie. Car le dernier film du Lucernois Stefan Jäger est en équilibre sur le fil ténu qui sépare ces deux registres.
«Parce que c’était lui, parce que c’était moi»… les mots qui unissent dans notre mémoire Montaigne à La Boétie sont devenus une sorte de définition de l’amitié. Une définition qui convient parfaitement aux relations qu’entretiennent les quatre principaux protagonistes de «Birthday».
Deux filles (Bibiana et Tamara) et deux garçons (Harald et Claudio) se retrouvent à l’occasion de leurs trentièmes anniversaires respectifs. Quatre rendez-vous au travers desquels ils respectent la promesse qu’ils s’étaient faite, des années auparavant.
Ils ont donc trente ans, un morceau de vie derrière eux, mais encore beaucoup de fraîcheur, de folie, et apparemment de joie de vivre. Partage de souvenirs, aveux de secrets et de fissures, rires… Impossible de ne pas s’assimiler à eux: qui n’a pas connu de telles retrouvailles, chaleureuses, fortes, cette impression que parfois l’amitié dépasse en profondeur tous les autres sentiments?
Comme pour conférer encore plus de réalité aux personnages et de force à la relation qui les unit, leurs prénoms sont ceux des comédiens: Bibiana Beglau, Tamara Simunovic, Harald Koch et Claudio Caiolo, dont la latinité explosive déteint sur ses trois compagnons.
Une histoire très banale en somme, sinon que les quatre amis bénéficient d’un charme et d’une grâce peu courants. On se réjouit de leur bonheur et de leur humour. Mais comme dans la vraie vie, le drame n’est jamais très loin. Et tout le récit de «Birthday» va se dérouler avec en toile de fond un terrible et dramatique duel contre-la-montre.
Ce nouveau film de Stefan Jäger – qui a eu trente ans en 2000 – a été produit en Allemagne. Il vient de décrocher le prix du meilleur scénario au Festival de Saarbruck.
Bernard Léchot
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