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Jean Lecoultre accueilli par Gianadda

Décoiffant, Jean Lecoultre? Keystone

Jusqu'au 26 janvier, la Fondation Gianadda à Martigny accueille une rétrospective consacrée au peintre suisse Jean Lecoultre.

L’exposition réunit les oeuvres les plus significatives des différentes périodes de l’artiste.

Jean Lecoultre est né en 1930 à Lausanne. Rompant avec les sujets conventionnels, les modes de représentation et les techniques traditionnelles, il a toujours résolument opté pour un langage nouveau.

Séduit dans sa jeunesse par le surréalisme et l’hyperréalisme, le peintre vaudois a développé au fil des années un style ou étrangeté et tension se côtoient. Il s’est engagé dans une voie originale, en faisant transparaître l’envers fantasmatique des images médiatiques.

Techniques et styles multiples

Jean Lecoultre a appris la peinture en autodidacte en s’inspirant notamment de Paul Klee.

L’Espagne (de 1951 à 1957) aura été le grand tournant de sa vie, laissant une empreinte décisive sur sa vision du monde notamment à travers Goya et Velasquez. L’aridité des paysages et la fascination de la mort façonnent son oeuvre.

Vers 1962, il fait volte-face et affronte les aspects les plus agressifs de la modernité: la vie urbaine, les objets de série, les machines industrielles.

Cet univers est habité par des silhouettes artificielles et sans visage qui se signalent par leurs seuls attributs sociaux (chapeaux, cravates, etc).

A la fin des années 1970, l’artiste paraît vouloir interroger les nouvelles images médiatiques et leur fonctionnement. Il recourt alors intensivement à l’aérographe, mais aussi à l’émail synthétique, à l’intégration dans ses tableaux d’éléments concrets tel l’aluminium, le plexiglas ou la fourrure.

A partir de 1975, dans les séries intitulées «Territoires greffés», «Etats de Sièges» et «Les Corps constitués», Jean Lecoultre met en scène des objets de l’univers domestique transgressant l’ordre des choses. L’être humain réapparaît, mais dénué de toute volonté, prostré.

Dès 1986, Jean Lecoultre délaisse l’aérographe pour reprendre le pinceau. Il joue plus que jamais des pouvoirs illusionnistes et ‘désillusionnistes’ de la peinture.

Déclinaison valaisanne

L’exposition de la Fondation Gianadda réunit les œuvres les plus significatives de chaque période, notamment des peintures de grand format qui n’avaient encore jamais été présentées au public, ainsi qu’une sélection d’œuvres sur papier et d’estampes.

Le commissaire de l’exposition n’est autre que Michel Thévoz, anciennement directeur du Musée de la collection de l’Art Brut à Lausanne. Il est également le l’auteur du catalogue de l’exposition.

swissinfo avec les agences

Programme 2003:
«De Picasso à Barcelo, artistes espagnols» (31 janvier – 9 juin)
«Léonard de Vinci l’inventeur» (12 avril – 9 octobre)
«Rétrospective Alberto Giacometti» (18 juin – 19 novembre)
Albert Anker (19 décembre – 31 mai).

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