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L’architecture au travers d’un objectif

L'installation "Instants de Villes 1" au Forum d'architecture. swissinfo.ch

Le Festival Object-if à Lausanne veut amener le public à voir et à vivre la ville différemment. Le cinéma va ainsi rencontrer l'architecture.

A cette occasion, une installation composée de 10 films dans autant de villes sur 5 continents a été créée.

«L’architecture nous entoure. Mais nous ne la regardons plus», constate Florian Schmied, président du Festival Object-if, membre du collectif Trivial Mass production.

Le Festival, dont c’est la première édition, se propose donc d’examiner les relations entre l’homme et le milieu urbain du 30 janvier au 2 février.

Et c’est le comité du Forum d’architectures qui en a donné l’impulsion. Histoire aussi d’animer quelque peu cet espace.

Les organisateurs mandatés, Trivial Mass Production et Overgroup, ont choisi les arts visuels pour exprimer cette relation à notre environnement. Et cela d’une manière plus vivante que lors des expositions d’architecture habituelles.

«L’idée, c’est de montrer la ville, les aspects sociaux de l’architecture et ses implications par différents types de films – courts, documentaires ou de fiction – ainsi que par des expositions de photo», précise encore l’architecte.

Les classiques du 7ème art

Les films, de genre et d’époques différentes, seront projetés dans plusieurs salles de la ville, ainsi que dans un club de musique électronique. Et bien sûr au Forum d’architectures qui sera le lieu central du festival.

Parmi eux, certains ont marqué l’histoire du 7ème art. La Cinémathèque suisse en a extrait quelques-uns de ses collections.

Le voyage médical de Nanni Moretti à travers Rome notamment, «Caro Diario», «Alphaville», un classique de Jean-Luc Godard ou encore «Le Ventre d’un architecte» de Peter Greenaway.

Le cinéma et l’architecture entretiennent en effet une relation privilégiée, selon le directeur du festival. «Voir un film qui se déroule dans une ville, c’est aussi comprendre comment les gens vivent cette ville.»

Il prend l’exemple de «La Haine», le film de Mathieu Kassovitz, qui se déroule dans une banlieue parisienne. «Ce n’est pas un film sur l’architecture, mais certaines scènes apportent une vision critique de ces éléments architecturaux que sont les grandes banlieues françaises».

Instants de Ville 1

Object-if, et c’est là que réside la principale originalité de ce tout jeune festival, présentera une création exclusive, «Instants de villes 1: 10 villes sur terre en 2002».

Cette exposition très spéciale tient de l’installation multimédia. Dix films la composent. «Ils opèrent une grande coupe dans la ville, de l’extérieur jusqu’à l’intérieur, par un travelling géant», explique Florian Schmied.

Projetés simultanément, les films montrent donc les différentes morphologies urbaines de 10 villes sur 5 continents. Ce qui permet aussi de les comparer.

On pénètre ainsi en temps réel dans Alger, Tokyo, Bogota ou Lausanne. On voit comment la circulation s’organise, comment se déploient les banlieues et comment on arrive jusqu’au centre.

Les auteurs des films sur chaque ville, de différentes nationalités, sont pour la plupart des architectes. Quelques plasticiens se sont aussi glissés dans ce projet.

L’ensemble des dix films est d’ailleurs classé par l’UNESCO.

«Instant de Villes 1» sera visible jusqu’au 9 mars au Forum d’architecture de Lausanne et dès le 14 mai pendant six semaines au Département d’architecture de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

Désacraliser l’architecture

Le but du festival est aussi de désacraliser l’architecture. C’est d’ailleurs un des leitmotivs du collectif Trivial Mass Production qui n’en est pas à son coup d’essai.

Ils aiment en effet faire vivre l’architecture, à travers des événements culturels, comme la Nuit des Musées qu’ils organisent depuis 2001. Ils jouent alors volontiers sur les cinq sens.

On ne s’étonne donc pas de voir le festival se prolonger dans un club de musique électronique, le D! Club. L’occasion de toucher un autre public qui pourra profiter de ces expériences visuelles.

Là, un environnement de projection emmènera les night clubbers dans les 10 villes de l’exposition «Instants de Ville I». Boris Edelstein, du collectif Ultrapepïta, maniera les images au rythme imposé par le DJ new-yorkais Joeski.

Et pour ceux que la musique électronique insupporte, il leur reste le Zinema, petit cinéma alternatif et dernier monoplexe de Lausanne.

Il propose aux spectateurs une expérience cinématographique fleuve, «Amsterdam Global Village». Un film complexe et contemplatif de plus de 4 heures de Johan van der Keuzen.

swissinfo, Anne Rubin

-Trivial Mass Production est un collectif lausannois.
-Il est composé de quatre architectes.
-Sa spécialité: la création d’espaces et d’événements
-Ils créent aussi des sites Internet ou des vitrines
-Ils organisent notamment la Nuit des Musées à Lausanne
-Leur idée fixe: désacraliser l’architecture et rendre la culture vivante
-Pour cela, ils exploitent les 5 sens et confrontent le public à de nouvelles expériences

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