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L’Inde du 19e siècle à Lausanne

Samuel Bourne, Diwan-i-Khas à Fatehpur Sikri, 1865-66, tirage à l'albumine. www.elysee.ch

Maharadjahs enturbannés, paysages sauvages ou palais d'Inde, Samuel Bourne a été l'un des plus grands photographes de voyage du 19e siècle, grâce à son sens du pittoresque et de l'exotisme. Le Musée de l'Elysée lui rend hommage jusqu'au 11 novembre.

«India», une exposition montée par le Fotomuseum de Munich, présente à Lausanne le travail réalisé entre 1863 et 1870 en Inde par le paysagiste britannique Samuel Bourne, décédé en 1912. Il y a photographié principalement des sites naturels, des vues de monuments et des paysages urbains.

«Les Indes», selon la formulation de l’époque, ont toujours attiré les photographes. Samuel Bourne s’y rend en pleine période coloniale, et y fonde un studio avec un autre photographe.

La photographie a alors la cote dans cette région du monde. Les photos exotiques et romantiques sont très prisées par les visiteurs de l’Inde et les riches Européens. Les scientifiques, les géologues notamment, en sont friands, dans le cadre de leur travail.

Variété des approches

Très vite, Samuel Bourne acquiert un renom certain grâce à ses talents de paysagiste et à la qualité de ses tirages à l’albumine (émulsion à base de blanc d’œuf) pour lesquels il reçoit plusieurs prix et distinctions. Il va réaliser en Inde environ mille deux cents prises de vue.

Deux aspects principaux ressortent de son oeuvre: le sens du pittoresque et de l’exotisme, influencé par l’esthétique du sublime et, en contre-point, une approche beaucoup plus classique des monuments et portraits. Pour ces sujets-là, Bourne privilégie la symétrie et la hiérarchie.

Outre son esprit d’entreprise qui lui permet rapidement de vivre du commerce de ses photos, Samuel Bourne va révéler un tempérament porté vers l’aventure. Il fait trois expéditions dans des régions reculées, l’Himalaya, le Cachemire et aux sources du Gange, qu’il relatera par ailleurs dans des récits de voyage.

Après sept ans passés en Inde, Samuel Bourne retournera en Angleterre où il deviendra employé de banque. Il ne touchera plus jamais à la photo…

Le féminisme de Kathy Grove

Parallèlement à l’exposition Samuel Bourne, le Musée de l’Elysée présente le travail de la photographe Kathy Grove. L’artiste américaine détourne à l’aide de retouches photographiques des oeuvres d’art connues, en faisant disparaître la figure féminine de l’image. Clin d’œil pictural: l’exposition est sous-titrée «Ceci n’est pas une femme».

Des tableaux de Pierro de la Francesca, de Klimt ou de Matisse, des photographies de Man Ray ou de Brassaï se retrouvent ainsi privés de leur sainte, de leur madone, de leur épouse ou de leur muse. Les images en deviennent absurdes.

La féministe Kathy Grove cherche ainsi à montrer combien la femme est essentielle dans l’histoire de l’art, bien qu’il lui soit souvent attribué le second rôle ou le statut de simple objet du désir.

swissinfo avec les agences

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