La Chaux-de-Fonds et son passé… Art nouveau
«Mon beau sapin... », exposition sur une version régionale de l'Art nouveau, évoque une expérience esthétique sans équivalent dans les montagnes jurassiennes.
En quatre saisons et à travers plusieurs événements, la cité horlogère neuchâteloise se penche sur ce courant artistique qui a marqué la charnière du 19ème et du 20ème siècle.
Les enseignants et les élèves de l’Ecole d’art de La Chaux-de-Fonds eurent le mérite, au début du XXe siècle, d’adopter et de réinterpréter les motifs et le style de l’Art nouveau, mouvement artistique alors en pleine maturité dans toute l’Europe.
Aux silhouettes longilignes de la femme, aux arabesques et aux sinuosités des liserons, ils substituèrent des éléments empruntés aux montagnes jurassiennes, la forme conique du sapin, la queue gonflée et recourbée de l’écureuil, les longueurs du lézard, les piquants du chardon, les courbes du paysage elles-mêmes.
Style sapin
Depuis octobre passé, plusieurs manifestations ont rappelé ce rôle de la cité horlogère dans le développement d’une version locale du style Art nouveau, baptisée le Style sapin.
La principale exposition vient d’ouvrir ses portes au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds (elles resteront ouvertes jusqu’au 17 septembre). La présentation originale, due à un bureau d’architectes zurichois, contribue à mettre en valeur les nombreuses pièces conservées à l’Ecole d’art, où enseigna Charles L’Eplattenier, qui contribua pour beaucoup à cet engouement pour l’Art nouveau.
Autres acteurs de cet épisode esthétique, les patrons horlogers, lesquels, fréquentant les foires et les expositions universelles à la Belle Epoque, en ramenèrent des motifs, le vocabulaire d’un style, des objets destinés à servir de modèle aux élèves et apprentis horlogers, bijoutiers, graveurs, etc.
Ces derniers étaient emmenés dans la nature pour y puiser l’inspiration, et ils étaient également entraînés à copier des schémas, à inventer des boîtiers de montre ou des projets de papier peint.
Mise en scène soignée
De ces travaux méticuleux, colorés et raffinés, il reste des cahiers entiers, dont certaines pages sont exposées, aux côtés de vases de Lalique ou de Gallé, de peintures de Charles L’Eplattenier ou d’André Evard, de plats émaillés de Clement Heaton, de statuettes de Hans Wewerka, de coussins brodés de Marie-Louise Goering.
Le tout est introduit par des salles qui évoquent le contexte social et urbain, à travers des affiches, des cartes postales, des photographies et de nombreux documents proposés dans des tiroirs coulissants.
Car le soin extrême apporté à la mise en scène de l’exposition ajoute au plaisir et à l’intérêt de la visite.
swissinfo, Laurence Chauvy
«Mon beau sapin… L’art nouveau à La Chaux-de-Fonds», à voir du jusqu’au 17 septembre 2006 au Musée des beaux-arts (rue des Musées 33).
De nombreuses pièces sont présentées pour la première fois au public selon une scénographie de Holzer Kobler Architekturen (Zurich).
– Les quatre saisons «Art Nouveau – La Chaux-de-Fonds 2005-2006» ont débuté en octobre 2005 par l’exposition «André Evard, de l’Art nouveau à l’abstraction» au Musée des beaux-arts.
– Les différentes expositions et événements s’égrainent jusqu’en septembre 2006.
– Cet événement prend comme référence historique et point d’ancrage le centenaire du Cours supérieur d’art et de décoration (octobre 1905), cours né au sein de l’Ecole d’art de cette même ville.
– A cette occasion, la ville de La Chaux-de-Fonds dévoile ses trésors Art nouveau et propose un panorama inédit de ce mouvement artistique européen dont l’expression régionale, le Style sapin, est pour la première fois présenté au public d’une manière synthétique.
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