La grande musique pour petites bourses à Montreux
Le 54e Montreux Voice & Music Festival revisite les plus belles partitions, du 29 août au 18 septembre. 23 concerts entre l'Auditorium Stravinski et le Château de Chillon pour découvrir de nouvelles interprétations des oeuvres de Mozart, Händel, Beethoven et Vivaldi.
Pour servir ces illustres compositeurs, le Montreux Voice & Music Festival fait appel à des chefs d’orchestre réputés tels Ivor Bolton, René Jacobs et Marc Minkowski. De même qu’à de prestigieux ensembles comme le Freiburger Barockorchester ou le Mahler Chamber Orchestra.
Très hautes exigences
«A Montreux, même les plus grands artistes sont invités à se surpasser dans leur interprétation, déclare Christian Chorier, directeur artistique du festival. Je ne puis en effet concevoir que des chefs d’orchestre ou des solistes viennent sur la Riviera vaudoise pour passer des vacances en faisant de la musique.»
C’est dans cet état d’esprit exigeant que le Montreux Voice & Music débute, mardi, dans la salle des chevaliers du Château de Chillon. L’Anima Eterna Trio (violon-violoncelle-piano) et la soprano Sophie Daneman interprètent la Sonate de Mozart KV377 et la Symphonie no 2 de Beethoven. Ainsi que des chansons folk irlandaises et écossaises.
Mais le tout premier grand moment sera sans nul doute l’unique oratorio qu’a, semble-t-il, composé Vivaldi. «Le triomphe de Judith» sera joué et chanté à l’Auditorium Stravinski, vendredi, par l’orchestre de L’Academia Montis Regalis et le chœur Luca Marenzio-Roma, sous la direction d’Alessandro de Marchi.
Virtuoses de l’art vocal
Enflammé comme à son habitude, Christian Chorier va jusqu’à qualifier «cette œuvre de plus de trois heures comme l’une des plus abouties jamais écrite sur les plans vocal et instrumental».
Tirée de l’Ancien Testament, le livret raconte que la cité de Béthulie est assiégée par le général Holopherne et ses troupes. Judith demande la clémence de son peuple auprès du tyran, qui tombe amoureux d’elle. Assoupi dans un profond sommeil, après un tête-à-tête langoureusement arrosé, Holopherne se fait trancher la gorge par Judith, qui sauve ainsi sa ville en héroïne.
L’œuvre est donnée en concert pour la première fois au tout début du 18e siècle. Alors que son auteur, Antonio Vivaldi, vit à Venise, en tant que prêtre, dans un pensionnat de jeunes filles qui, sous son égide, devient très vite un conservatoire réputé. Certaines orphelines deviendront même de véritables virtuoses de l’art vocal.
Parmi les autres grands classiques de cette 54e édition, on citera Les Noces de Figaro de Mozart, le Messie d’Händel, la Pastorale et la 7e de Beethoven qui, selon Christian Chorier, est la plus belle symphonie du grand maître allemand.
Un festival aussi pour les jeunes
Mais, sur un plan plus terre-à-terre, la grande nouveauté est, cette année, l’abaissement des prix des billets de près de 50%. Buts recherchés: permettre à des mélomanes de condition modeste d’accéder à la grande musique. Car, en terme d’affluence, les jeunes sans le sou représentent incontestablement l’avenir d’un tel festival.
D’ailleurs, le public s’est déjà considérablement rajeuni. «Après quatre années passées à la tête du festival, affirme Christian Chorier, je crois pouvoir dire que la moyenne d’âge est passée de 60-65 ans à 40-45 ans. C’est pour moi le plus grand succès de ce festival».
«A qualité égale de programmation, tient encore à préciser Christian Chorier, le Montreux Voice & Music est très certainement le festival européen le plus accessible au plus grand nombre de spectateurs.»
Emmanuel Manzi
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