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La Suisse, du cliché au contact

Arles et Schaffhouse réunies à Bienne! swissinfo.ch

Ce sont des adolescents français, belges, allemands, italiens, luxembourgeois, autrichiens ou liechtensteinois.

Grâce à «Experience Switzerland», ils ont découvert cette semaine Expo.02. Rencontre avec une délégation arlésienne et souriante.

C’est ‘Présence suisse’, un bureau fédéral qui vise à affirmer la présence de la Suisse à l’étranger, qui est à l’origine d’«Experience Switzerland». Entre le 16 et le 21 septembre, 7 classes européennes ont eu l’occasion de découvrir les arteplages d’Expo.02, mais aussi le Jungfraujoch ou le siège de Nestlé à Vevey.

Elles étaient les lauréates d’un concours organisé par ‘Présence suisse’, concours auquel 70 classes – et 1200 élèves – ont participé. Son objet: réaliser un film vidéo sur le thème de la Suisse. But de la chose pour «Présence suisse»? Se rendre compte de l’image, qu’à l’étranger, les jeunes ont de la Suisse. Et si possible, l’enrichir.

Rendez-vous a été pris vendredi sur l’Arteplage de Bienne avec les représentantes d’une classe du Lycée Pasquet, à Arles, dans le sud de la France. Et également avec des élèves de la Kantonsschule de Schaffhouse, car à chaque classe étrangère était associée, pour deux jours, une classe helvétique.

Do you speak schaffhousois?

Marine, Sabine, Noémie, Julia, Julie et Aurélie, les Arlésiennes, sont accompagnées de Raelle et Roger, les Schaffousois. A propos, comment communiquent-ils? En anglais. Ou grâce au remarquable français de Raelle. Car si certaines Arlésiennes ont appris un peu d’allemand, certaines reconnaissent avoir ignoré jusque là l’existence même du Suisse allemand.

Entre les différentes représentations étrangères, l’anglais est également de mise, ou alors le système D: «On a mixé toutes les langues, on a inventé notre propre langage et finalement on s’est très bien compris», constate l’une des jeunes filles. « La langue européenne!», ajoute une autre.

Expo.02 en question

«C’est impressionnant!», s’exclame Julia. Une de ses copines est un peu déstabilisée: «Pour moi, il y a un décalage. J’imaginais la Suisse tranquille, un peu chauvine. Et là je vois de grands bâtiments, des nouvelles technologies…» Pour Aurélie, «On voit que c’est un pays qui veut se faire découvrir, qui cherche à s’ouvrir. C’est vrai qu’on ne parle pas souvent de la Suisse».

Le nuage d’Yverdon à la cote: «Ce n’est que de l’eau, mais c’est vraiment un nuage, comme si on était, peut-être pas au paradis, mais dans le ciel!»

Quant au concept même d’exposition nationale, à l’heure de la globalisation, n’est-il pas désuet? «Il faut garder ses bases», rétorque Aurélie. «Du fait que la Suisse a plusieurs langues, plusieurs Cantons, elle a besoin de créer une unité. En France, on éprouve peut-être moins le besoin d’une exposition nationale» analyse Martine, professeur au Lycée Pasquet.

Du côté de Schaffhouse, si l’enthousiasme de l’instant est là, le soucis financier reste de mise: «C’est bien, mais c’est un peu trop cher!» remarque sagement Roger. Un avis partagé par Pascal, son professeur: «En tant que visiteur, c’est super. Mais quand on pense aux coûts, je n’aimerais pas être dans la peau des responsables». La pondération du plaisir serait-elle culturelle?

La foire aux clichés

C’est donc une vidéo qui a permis aux jeunes Arlésiennes d’obtenir leur ticket pour la Suisse. Qu’était-elle, cette vidéo? «C’était tous les clichés qu’un Français peut avoir sur la Suisse», répond l’une d’elles. A savoir? «Le chocolat, la neutralité, les Ricola, la sécurité, la propreté, le fromage, les banques, le vin».

Et à propos de l’Helvète, un préjugé? «Le Suisse trait sa vache et vit paisiblement», écrivit Victor Hugo, qui a manifestement laissé des traces: «C’est quelqu’un qui parle avec un accent très bizarre dans un pré, entouré de vaches. Des filles avec des macarons sur les côtés. Un peu Heidi, quoi!» se marre une jeune fille.

Du côté de Schaffhouse, a-t-on aussi des clichés sur la France et ses habitant(e)s? «Le sud, c’est la mer, le soleil, les vacances. Il y a aussi le vin et la baguette», répond Raelle. «Ils sont gentils… et elles sont jolies!», ajoute Roger, manifestement sensible aux charmes du Midi.

Des clichés à une réalité relative

Leur visite aura permis aux Françaises non pas de gommer leurs clichés, mais de les affiner. Si le chocolat et les bonbons Ricola restent indéboulonnables dans leur esprit, le pré s’est soudain poétisé: «On dirait que le temps est suspendu en Suisse. La Nature, les lacs… c’est calme, très zen».

Et une autre réalité est venue se superposer à leurs idées préconçues: «Ici, on se croirait dans une ville du futur… c’est très en contraste avec la pensée que j’avais sur la Suisse et ses montagnes».

C’est un aspect politique qui a notamment frappé Martine, la «prof»: «Dans ce pays qui apparaît si ouvert, j’ai été très surprise de voir que les Suisses semblent très loin de vouloir appartenir à l’Union européenne. C’est quelque chose qui m’a étonné, justement parce que pour moi, la Suisse n’est pas un pays tellement différent des autres pays d’Europe».

Gommer des poncifs, c’est aussi découvrir des paradoxes.

swissinfo/Bernard Léchot

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