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«La Suisse existe bel et bien»

Francis Matthey offre une rose à Nelly Wenger. swissinfo.ch

Arteplage de Neuchâtel, dimanche 17h00... La foule goûte une dernière fois à 'son' exposition nationale.

Au «Théâtre des Roseaux» a lieu la cérémonie officielle de clôture. Un peu rigide, résolument helvétique… et néanmoins émouvante.

A cette heure-là, ce dimanche, ce sont environ 150.000 visiteurs qui ont trouvé le chemin des arteplages, sous un soleil radieux, aussi radieux que le premier jour… Et la nuit sera encore longue!

Au «Théâtre des Roseaux», l’heure est à l’officialité. Et à la ‘swissness’: Mariano Tschuor, le présentateur de la cérémonie, diffusée en direct sur les chaînes publiques helvétiques, alterne le romanche, l’italien, le français et l’allemand. Monolingues s’abstenir!

La fin ou le début?

«Dès demain et à jamais, vous trouverez porte close. C’est la fin, et cette fin m’attriste», déclare Nelly Wenger, présidente de la direction générale d’Expo.02, le visage aussi pâle que sa robe est noire. Elle parle de destruction, de démantèlement. Etrange approche.

Une façon de mieux jouer le contraste, évidemment. Car quelques instants plus tard, elle annoncera que «aujourd’hui, 20 octobre 2002, Expo.02 commence». Car «l’esprit d’Expo.02 agira, l’esprit d’Expo.02 fructifiera… Chacun, de manière individuelle, participera à la sculpture d’une mémoire collective».

Des mots ronflants et vains? Pas vraiment. Les arteplages, ce dimanche 20 octobre, rayonnaient, réellement. Ceux qui y étaient sauront sans doute les raconter avec l’élan nécessaire à l’entretien de la mémoire, sinon à la création de la légende.

Gommer les clichés

Franz Steinegger, président du Comité directeur, rappellera quelques chiffres. Plus de dix millions d’entrées. Plus d’un Suisse sur deux qui a fait le déplacement. Parmi les visiteurs, un taux de satisfaction de 90%.

Et conclura par une réponse implicite à Ben, l’artiste dont le slogan nihiliste avait tant marqué la présence helvétique à l’exposition universelle de Séville. Car pour Franz Steinegger, «Expo.02 l’a démontré: la Suisse vit et existe bel et bien!»

Francis Matthey, président de l’Association Exposition nationale, parlera quant à lui de beauté de la fête. D’amitié. Et osera le mot de «fraternité», convaincu qu’il est, comme il nous l’a confirmé après la cérémonie, qu’Expo.02 et particulièrement les journées cantonales, auront permis de gommer des clichés, de moins caricaturer ‘l’autre’.

Enfin, le Conseiller fédéral Pascal Couchepin, parlera de cruelle réalité, évoquant la crise ‘salutaire’ de 1999. Mais aussi de succès. Et du gouvernement, dont le message «Au diable l’avarice, nous voulons l’expo!», aura finalement été soutenu par le parlement. Ses remerciements, à l’instar de ceux de Francis Matthey, seront vastes et chaleureux.

Le présent déjà conjugué au passé

Jouer des clichés tout en les gommant, c’est aussi ce qu’auront tenté de faire les artistes présents à cette cérémonie. Ainsi Mélanie Schiesser et Hans Kennen pratiquent le jodle, bien sûr. Mais quand le big band de Georges Gruntz les accompagne, le folklore prend soudain d’autres couleurs.

Et si la Valaisanne Laurence Revey arbore un pull rose à croix fédérale, c’est pour mieux mêler cors des Alpes et synthés, patois local et inflexions vocales venues d’ailleurs, dans des climats helvético-world que Peter Gabriel ne renierait pas.

Derrière les musiciens, un rideau sur lequel sont projetées des images d’Expo.02. Les pavillons… Les gens… Les fameuses «icônes»: Nuage d’Yverdon, Monolithe de Morat, Tours de Bienne, Galets de Neuchâtel. Ironie du montage, à la fin de la cérémonie, c’est la construction des arteplages qu’on découvre, mais passée à l’envers. Donc une projection du futur.

Malgré une certaine rigidité, typique de toute cérémonie helvétique, les images de ces flamboyantes constructions font insidieusement s’immiscer l’émotion: cette fabuleuse et éphémère géographie, qui vit encore à cet instant, nous la voyons là déjà au passé, sur un écran. Comme nous la reverrons bientôt avec nostalgie, comme les générations prochaines la verront, peut-être, avec curiosité.

swissinfo/Bernard Léchot

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