Lausanne à l’heure du 11 septembre 2001
Le Musée de l'Elysée propose une exposition intitulée «new york après New York». Le portrait saisissant d'un instant suspendu et d'une ville meurtrie.
Ces images, il est certain qu’elles sont gravées dans notre tête. Dans notre mémoire. Et qu’elles y resteront pour longtemps. Pourtant, le Musée de l’Elysée, à Lausanne, a choisi de les sélectionner et de les montrer au public. Une tentative d’analyser les différents usages de la photographie, dans ce contexte si particulier.
Baptisée «new york après New York», et sous-titrée «Mémoire d’une ville blessée», l’exposition montre 210 images jouant sur tous les registres de la photographies, de la carte postale à la photo d’art. Aucune des photographies présentées n’émane des collections du musée, qui s’est tourné pour la première fois vers les agences photos.
L’implication du conservateur
«Le 11 septembre reste pour moi un sujet difficile, mais je me suis senti obligé de réagir personnellement», explique William Ewing. Né au Canada, le directeur du musée lausannois a habité 15 ans à New York.
Une telle exposition est possible en Suisse alors qu’elle ne le serait pas aux Etats-Unis, où le sujet est encore «trop réel», estime le directeur. La dimension esthétique de ces images est difficile à accepter, surtout outre-Atlantique. Pourtant, elle contribue grandement à leur force, ajoute-t-il.
Divisé en douze chapitres, «new york après New York» montre d’abord les tours jumelles en construction, puis dans toute leur gloire avant de passer aux images de leur destruction. Visages horrifiés des témoins, vision «pompéienne» des rescapés couverts de poussière et chaos de décombres se succèdent ensuite.
L’utilité de la photo
L’intérêt de l’exposition réside dans l’interprétation particulière de l’événement apportée par chaque photographe. La photo est montrée dans ses multiples fonctions: preuve et témoignage, nostalgie d’un mythe et patriotisme, production artistique et nécessité d’une réflexion à long terme.
Outre ces différentes fonctions, la photo a également joué un autre rôle après la catastrophe. Des milliers de portraits de personnes disparues ont été affichés dans la rue, en tant qu’avis de recherche. Ces «murs des disparus» sont devenus au fil des jours des monuments aux victimes, décorés de fleurs et de bougies.
swissinfo avec les agences
«new york après New York», au Musée de l’Elysée, Lausanne, jusqu’au 16 septembre. Ouvert tous les jours de 11h à 18h.
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