Les grandes voix de Verbier
Le 10e Verbier Festival & Academy a débuté vendredi. Avec d'ici au 3 août notamment Anna Netrebko, Barbara Hendricks et Thomas Quasthoff.
Gros plan sur le Stabat Mater de Pergolesi, qui se profile comme le concert spirituel de ce grand rendez-vous.
S’il est un lieu et un soir où le mélomane pourra toucher le ciel du bout des doigts, c’est sans doute lors de l’interprétation du Stabat Mater de Pergolesi, le lundi 28 juillet, à la salle Médran de Verbier. D’ailleurs, le concert porte bien son titre «Chantastique»!
Comme le ravissement suprême provient parfois de la douleur extrême, la musique du compositeur italien Giovanni Batista Pergolesi atteint des sommets de beauté. Reste que les circonstances et la date de composition du Stabat Mater restent obscures. Assurément, c’est l’une des dernières oeuvres du compositeur.
Tout laisse à penser qu’il aurait entrepris d’écrire l’œuvre au début de l’année 1736. A la suite d’une commande passée en 1735 par la confrérie napolitaine des Cavalieri della Vergine dei Dolori. Chef-d’œuvre incontestable destiné à être exécuté le Vendredi-Saint.
La douleur sublimée
A 26 ans, Pergolesi était alors déjà affaibli par la maladie. Il s’était retiré au monastère de Pozzuoli, non loin de Naples. Contrairement à la majorité de ses oeuvres précédentes, Pergolesi a connu une très grande célébrité posthume avec le Stabat Mater. De 1753 à 1790, au Concert spirituel de Paris, Stabat Mater devint en quelque sorte l’archétype de la musique religieuse de «style galant».
Le poème de l’œuvre est attribué à Jacopone da Todi (mort en 1306). C’est un hymne à la Vierge qui souffre aux côtés de son Fils crucifié.
Les pages les plus belles sont celles où Pergolesi manie avec naturel un style très personnel, simple et direct, qui lui permet d’atteindre, dans l’expression de la douleur humaine, à une intensité bouleversante. Stabat Mater dolorosa, Vidit suum et Fac ut portem.
Artistes émérites
Stabat Mater sera servi par la soprano russe Anna Netrebko. La critique internationale salue sa voix d’une étonnante pureté et précision, son amplitude vocale et dynamique, son imagination et son esprit, le tout doté d’un charisme étincelant.
Sa sensibilité et sa présence dramatique se sont particulièrement révélées lors de ses débuts au Metropolitan Opera en 2001, au Festival de Salzburg en 2002 et au Washington Opera dans Idoménée, avec Placido Domingo, en 2003. C’est la première fois que cette cantatrice apparaît au Festival de Verbier.
Sinon, la célèbre Barbara Hendricks, marraine du Verbier Festival & Academy, emmènera l’auditoire de la salle Médran, le lundi 21 juillet, dans un voyage musical nordique, avec piano, violon et violoncelle.
Tandis que la soirée du mercredi 30 juillet sera consacrée exclusivement à une sélection de lieders de Johannes Brahms, avec notamment le grand chef d’orchestre du Verbier Festival Youth Orchestra, James Levine, au piano, et l’étonnant baryton-basse allemand, Thomas Quasthoff, reconnu comme l’un des plus remarquables chanteurs de sa génération.
swissinfo, Emmanuel Manzi
Du 18 juillet au 3 août 2003. Concerts à la salle Médran à 19h.
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