Mark Rothko: union mystique du tableau et du spectateur
Une grande exposition Rothko, visible à la Fondation Beyeler près de Bâle, met en évidence le soin porté par l'artiste à la réception de son oeuvre. Pour favoriser la contemplation, Rothko voulait une lumière tamisée et un accrochage dense.
Le projet d’une «petite exposition» Rothko à la Fondation Beyeler, à Riehen près de Bâle, aboutit à une splendide manifestation, riche de plus de septante toiles, le plus souvent de format monumental, et d’une trentaine de travaux sur papier.
Si la période classique des années cinquante et soixante est largement représentée, on suit également l’évolution du peintre depuis ses tableaux réalistes dédiés au métro new-yorkais, en passant par la parenthèse surréaliste, aux sujets mythologiques et aux formes organiques.
Mark Rothko (1903-1970), d’origine russe, est un représentant majeur de l’expressionnisme abstrait américain. Peu à peu, des compositions «multiformes» constituées de taches colorées appliquées à la brosse, se dégage un ordre, une structure: apparaissent les rectangles superposés, flottant devant un fond monochrome et prenant en sandwich une faille lumineuse.
L’accrochage à la Fondation Beyeler suit les directives formulées par Rothko lui-même: un accrochage dense, qui enveloppe littéralement le spectateur dans un voile de couleurs, une lumière tamisée, qui fait ressortir l’éclat des teintes picturales.
Deux «Rothko Rooms» sont reconstituées. Celle de la Sidney Janis Gallery réunit des toiles aujourd’hui dispersées dans différentes collections et reproduit un accrochage de 1955. Les quatre parois d’une sorte de réduit sont couvertes par les toiles, qui se répondent les unes aux autres. Le visiteur est amené à méditer sur un banc prévu à cet effet.
La seconde «Rothko Room» est celle de la Phillips Collection de Washington. Elle est disposée de la même manière. D’autres séries historiques sont les Seagram Murals, conçues pour un espace donné. Ces séries révèlent l’attention portée par le peintre à la réception de son œuvre, qui se voulait contemplative et religieuse.
Laurence Chauvy
L’exposition est visible à la Fondation Beyeler à Riehen du 18 février au 29 avril (tél. 061/ 645 97 00).
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