Neuchâtel, la vie en vert
Gros-plan sur les «arteplages» qui constituent le socle d'Expo.02. Deuxième épisode, Neuchâtel, placé sous le thème générique «Nature et Artifice».
Premiers pas sur l’arteplage neuchâtelois d’Expo.02. Une folle envie de se libérer de ses chaussures pour fouler le gazon… artificiel. Avant de se poser sur les rives du lac, les doigts de pieds en éventail.
Au loin, entre ciel et lac, les galets géants invitent aux ricochets. Le champ de roseaux à la ballade. Et les terrasses à l’apéritif. A Neuchâtel, mai 2002, c’est déjà l’été. Le temps des grandes vacances.
Nature et artifice
Présent partout: le thème «Nature et Artifice». Dans l’emblème de Neuchâtel: les roseaux, artificiels, et les trois galets. «Ils rappellent ceux que nous utilisions, enfants, pour faire des ricochets. Mais ils évoquent aussi des soucoupes volantes», explique Armin Heusser, responsable des expositions à Neuchâtel.
Mais le thème est aussi présent dans des détails. Comme le gazon artificiel, où poussent des arbres… naturels. D’ailleurs, ils étaient là bien avant l’Expo. Et les architectes ont dû s’adapter à la nature et en tenir compte pour disposer les pavillons.
«Nature et Artifice», une réalité complexe. «La limite entre nature et artifice n’est pas claire, ni sur l’arteplage, ni dans notre société, commente Armin Heusser. Un exemple: nous nous trouvons dans un parc naturel, les Jeunes Rives. Mais avant, il y avait le lac. Ce parc est une œuvre de l’homme. Il est donc artificiel aussi.»
Neuf regards
Bien sûr, les neuf expositions offrent chacune leur point de vue sur ce thème. Le Palais de l’Equilibre, projet de la Confédération, évoque le développement durable et le fragile équilibre entre économie, société et environnement.
L’exposition Ada (EPFZ et Université de Zurich) suggère que l’intelligence artificielle vit et éprouve des émotions. Manna (Coop) s’intéresse à l’alimentation. L’occasion de découvrir des arômes artificiels de fraise, mais aussi des plantes aromatiques, bien naturelles, comme le romarin. Le tout dans un pudding géant.
D’un pavillon à l’autre, le visiteur se déplace en toute liberté. Pas de parcours fléché. Mais les expositions n’ont pas été disposées totalement au hasard. «Nous avons voulu créer une sorte de maquette de la région avec la montagne, la ville et le lac», précise Armin Heusser.
Sur l’arteplage, une colline en bois – la piazza Pinocchio – représente la montagne. Sous un galet, un groupe de pavillons avec des ruelles évoque l’atmosphère urbaine. Enfin, sous le troisième galet, Aua Extrema, exposition consacrée à l’eau, rappelle le lac.
Tout doit disparaître
Entre deux expos, le visiteur peut encore s’offrir une balade au cœur des roseaux. Une passerelle en bois longe le lac d’un bout à l’autre de l’arteplage.
Autant d’atouts qui mettent en valeur la région pour les visiteurs de passage. Quant aux Neuchâtelois, ils redécouvrent leur ville. Avec enthousiasme souvent. A tel point qu’ils parlent déjà avec nostalgie du moment où il faudra tout démonter.
Parce que le mandat est clair: tout doit disparaître. A moins que les autorités et la population n’en décident autrement. Et Neuchâtel y pense. La grande sphère en bois du Palais de l’Equilibre pourrait rester. Mais Genève s’y intéresse aussi.
Magie de l’éphémère
Qu’en pense celui qui a rêvé cet arteplage? «Pour préserver la magie de l’éphémère, l’ensemble doit être démonté, répond le responsable des expositions neuchâteloises. C’est destiné à rester dans la mémoire collective, pas dans la réalité.»
«Mais certains objets pourraient être conservés, s’ils ont un sens pour la vie future de la ville, nuance Armin Heusser. Par exemple, la grande scène couverte, qui permettrait d’organiser des concerts, des festivals. Et pourquoi pas un restaurant. Pour la passerelle, la plate-forme et ses galets, c’est plus difficile. Ils n’ont pas été construits pour durer.» D’ici là, restent cinq mois pour en profiter…
swissinfo/Alexandra Richard
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