«Post modern dance» à Genève
Le Grand Théâtre présente le spectacle jazzy de Trisha Brown. Cette grande dame a bouleversé la danse dans les années 1960.
A New York, au début des années 1960, des artistes avant-gardistes appelés «performers» abolissent les barrières entre les différentes disciplines artistiques et donnent des spectacles novateurs dans une église désaffectée, «Judson Chuch».
Le «Judson Dance Theater»
Trisha Brown est alors une danseuse américaine de 25 ans. Elle collabore avec d’autres artistes qui vont marquer la scène urbaine nord-américaine comme Steve Paxton, Simone Forti et Yvonne Rainer. Ils fondent ensemble le mouvement culturel baptisé, le «Judson Dance Theater».
Trisha Brown devient ainsi une figure marquante de l’avènement de «la post modern dance». Elle cherche un nouveau langage chorégraphique, en observant notamment les mouvements du quotidien. Et surtout, elle associe sa danse avec des musiciens et des plasticiens.
Aujourd’hui, Nathalie Tacchella, danseuse, musicienne et conférencière au Grand Théâtre de Genève, se souvient: «à New York, Trisha Brown avait marqué la scène urbaine par une célèbre performance intitulée «Man walking down a wall». Celle-ci consistait à faire descendre un danseur le long du mur extérieur d’un gratte-ciel.
«Sa danse, belle et épurée, est une recherche permanente sur la gravité. Ses chorégraphies se définissent par une grande fluidité, avec des lignes très précises et, dans le même temps, complètement relâchées».
Son solo de 1994 «If you could’nt see me» était entièrement dansé dos au public. Et pourtant, il parvenait à retenir l’attention.
Danse en quête de jazz
Jeudi et vendredi, au Bâtiment des Forces Motrices à Genève, Trisha Brown présente «El Trilogy» créé en 1999-2000. C’est un spectacle qui, selon elle, cherche à saisir l’esprit du jazz. Pour cela, elle a travaillé avec le fameux trompettiste américain Dave Douglas.
Son quatuor vient jouer sur scène. Il est épaulé par deux invités, le saxophoniste Gregory Tardy et la percussionniste Susie Ibarra. La relation est d’ailleurs très dense entre la musique, la danse et l’univers visuel du peintre américain Terry Winters.
En effet, Terry Winters a peint de grandes toiles, travaillées au trait noir, qui tiennent lieu de décors pour le premier et le troisième volets du spectacle. M. Winters a aussi confectionné les costumes très colorés des danseurs qui évoluent devant les tableaux.
Dimension narrative
Pour une fois, l’œuvre chorégraphique de Trisha Brown quitte sa dimension de l’abstrait et devient narrative dans le deuxième volet. Cet acte rend hommage, en effet, à Leon James, qui était un danseur virtuose de «Lindy Hop» dans les années 1930-50 au Savoy Ballroom de Harlem.
Les éclairages balaient et plongent la scène aux petits matins des longues nuits jazzy new-yorkaises du début du 20e siècle. Les neuf danseuses et danseurs de Trisha Brown voltigent dans les airs au rythme du jazz band de Dave Douglas. Les partitions sont écrites, mais elles laissent de larges plages à l’improvisation «musico-chorégraphique».
swissinfo/Emmanuel Manzi
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