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Prix du cinéma suisse cherche metteur en scène

La "Konzertsaal" de Soleure. service de presse

Le Prix du cinéma suisse a été décerné mercredi soir, pour la 4e fois en marge des Journées cinématographiques de Soleure. Le lieu et le cadre conviennent-ils vraiment à l'événement?

Le Prix du cinéma suisse est un projet commun de l’Office fédéral de la culture, de SSR-SRG Idée suisse, du Centre suisse du cinéma et des trois grands rendez-vous helvétiques du 7e art: le Festival International du Film de Locarno, le festival «Visions du réel» de Nyon et les Journées cinématographiques de Soleure.

La manifestation soleuroise étant presque exclusivement consacrée au cinéma helvétique, il est logique que les instigateurs de ce prix aient décidé de le lui adjoindre. Logique, peut-être. Mais raisonnable, c’est une autre question. Car Soleure n’est ni le plus rayonnant, ni le plus populaire des festivals. Or si le cinéma suisse est en manque de quelque chose, c’est bien de popularité.

La Konzertsaal qui accueille depuis quatre ans la remise du Prix du cinéma suisse est sombre, vieille, austère. L’affligeant logo de l’événement – un rond noir percé d’un rectangle blanc – imprimé sur une large toile qui sert de fond de scène, a de quoi flanquer le cafard au plus jovial d’entre nous.

Quoique… cette année, le romand Thierry Romanens a fait un animateur très convenable. Et le Président de la Confédération, Moritz Leuenberger, venu en invité surprise, est apparu en comique de premier ordre, quoique fugitif: le temps de mentionner qu’il avait maintes fois assisté en tant que public à la manifestation soleuroise et qu’il souhaitait donc, au vu de sa nouvelle fonction, l’honorer de sa présence. Le temps également de signaler qu’il n’avait rien de particulier à dire, ce qu’il a particulièrement bien dit. Rires et ovation du public.

Au-delà de ces sympathiques prestations, auxquels il faut ajouter la beauté des interventions du contrebassiste Mitch Gerber, la cérémonie qui entoure la remise du Prix du cinéma suisse est terne.

Entre le strass et les paillettes à l’américaine et le dépouillement soleurois, n’existe-t-il pas de 3e voie? Une voie qui permettrait à un public plus vaste de se sentir concerné? Une voie qui ferait place à la fête, qui donnerait envie aux télévisions de la diffuser… et peut-être, au bout du compte, qui pousserait le public à se rendre au cinéma pour y voir – aussi – des films suisses?

Pour cela, il faudrait tout d’abord que le cinéma suisse apprenne à s’aimer. Non pas en s’auto-congratulant, mais en se respectant. Il sait – parfois – mettre en scène. Qu’attend-il pour SE mettre en scène?

Bernard Léchot

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