Sepp Blatter: malaise dans la presse suisse
La presse avait salué l'élection de Sepp Blatter à la tête de la FIFA en 1998. Elle est perplexe après sa réélection triomphale, hier à Séoul.
«Joseph Blatter consolide son pouvoir sur le football mondial, sourd aux scandales», titre simplement le journal Le Temps. Et le quotidien de souligner que «quatre mois d’accusation, de plaintes et de querelles vidées au grand jour n’ont pas entamé le crédit du président de la FIFA».
Le Temps estime toutefois que «les affaires» ne sont pas éteintes pour autant. Il rappelle notamment que la plainte pénale déposée contre le Suisse devant les tribunaux de Zurich pour «usage abusif de fonds» reste d’actualité.
«Le triomphe», c’est le titre sans appel qui couronne le portait d’un Joseph Blatter souriant à la Une du journal Le Matin. Le quotidien romand nous fait partager les moments forts de la réélection du patron de la FIFA.
On y retrouve Sepp Blatter dans son rôle de grand-père satisfait tenant sa petite-fille dans les bras. Mais également le visage déconfit de son rival l’Africain Issa Hayatou à l’annonce du verdict.
Une bête de scène
Dans l’isoloir, les délégués de la FIFA n’ont pas voulu tenir compte de la campagne de diffamation orchestrée par les adversaires du président sortant de la FIFA, souligne encore en substance Le Matin.
Et l’éditorialiste du quotidien romand de constater que le Suisse s’est «comporté en véritable bête de scène». Et d’ajouter que, «au jeu du million, les électeurs ont préféré perpétuer un système qui leur garanti de toucher le gros lot chaque année».
«La Tribune de Genève», fait, elle aussi, sa Une avec le triomphe de Sepp Blatter qui, écrit-elle, reste le «pape du foot mondial». Mais le caricaturiste du journal genevois relativise.
Le commentaire des personnages croqués par Gérald Herrmann est éloquent: «après tant de défaites honorables pour la Suisse voici enfin une victoire déshonorante».
Vive la Coupe du monde
Les journaux alémaniques ne sont pas en reste. «Nous avions applaudi lorsque Balter avait été élu président de la FIFA il y a quatre ans à Paris, écrit l’Aargauer Zeitung. Mais hier nous n’avons pas bougé.»
La Neue Zürcher Zeitung, elle, affiche un calme olympien. Pas polémiste du tout, elle se contente de prôner paisiblement une séparation des pouvoirs à la tête de la FIFA. Une réforme dont Sepp Blatter sortirait grandi, précise en substance la NZZ
Pour sa part, la Berner Zeitung a déjà tourné la page. «Place désormais aux vrais artistes du ballon.» Allusion bien sûr, à la Coupe du monde qui démarre vendredi à Séoul avec le match France-Sénégal.
Mais, avant de donner le coup d’envoi, le président réélu de la FIFA a encore des comptes à régler. Il n’a pas oublié les coups bas qui lui ont été portés par son secrétaire général.
Pour preuve, le Blick – et il est le seul – fait sa Une avec cette phrase assassine de Sepp Blatter: «Vendredi je fiche Zen-Ruffinen à la porte!»
swissinfo/Vanda Janka
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