Soleure hésite entre l’anglais et le français
Soleure a décidé mardi de lancer une vaste consultation sur l'introduction précoce de l'anglais ou du français à l'école. C'est le dernier épisode d'un débat qui n'en finit pas de diviser l'ensemble des cantons suisses.
La démarche soleuroise n’est pas la première du genre. Argovie, Berne et Fribourg ont en effet déjà entrepris des consultations du même genre sur cette question.
Une question qui a pris un tour polémique depuis que le canton de Zurich a décidé que l’anglais serait la première langue étrangère enseignée dans ses écoles. Et cela au détriment du français.
Réunis en novembre, à Montreux, les directeurs cantonaux de l’instruction publique n’ont pas réussi à trancher. Treize d’entre eux ont en effet écarté l’anglais au profit de l’une des langues nationales. Alors que douze autres, tous alémaniques, ont opté pour le libre choix.
De là à penser que la Suisse est déchirée par une guerre des langues, il n’y a qu’un pas que refuse de franchir le Bâlois Victor Saudan. Responsable des maturités bilingues du Nord-Ouest de la Suisse, il ne nie pas la dimension politique prise par ce débat. Mais il tient à le replacer dans son contexte pédagogique.
En 1998, la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique a en effet lancé un vaste chantier intitulé «concept général des langues». Ce processus, dont l’échéance a été fixée en 2010, a pour objectif de réformer en profondeur l’apprentissage des langues en Suisse.
«L’un des buts visés, explique Victor Saudan, c’est que les élèves maîtrisent deux langues nationales et l’anglais, à la fin de l’école obligatoire. Par ailleurs, ce projet cherche à développer une base d’apprentissage commune à toutes les langues enseignées».
Reste que les cantons multiplient les expériences en la matière, à l’exemple des cours bilingues, des échanges linguistiques ou encore de l’enseignement précoce des langues. Pour Victor Saudan, les outils employés peuvent être divers. Pour autant que l’objectif commun demeure.
Quant à Gabriela Fuchs, de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique, elle tient à rappeler que l’enseignement relève de la compétence des cantons. «Certes, nous cherchons à améliorer la coordination entre les cantons, conclut-elle. Mais pas question d’unifier le système éducatif helvétique».
Frédéric Burnand
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