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Une Suissesse dans le guêpier des minorités belges

Lili Nabholz entame sa mission avec une grande prudence. Keystone Archive

Le Conseil de l'Europe a demandé à une Suissesse, la députée radicale zurichoise Lili Nabholz-Haidegger, d'enquêter sur la situation des minorités en Belgique. Une mission délicate qui a commencé mardi et qui doit prendre fin vendredi.

«Je ne viens pas en juge, lance Lili Nabholz-Haidegger. Je vais écouter et essayer de comprendre la réalité belge». L’avocate zurichoise connaît la difficulté de sa tâche. Avec Andorre, la France et la Turquie, la Belgique est en effet un des derniers pays à ne pas avoir signé la convention du Conseil de l’Europe pour la protection des minorités nationales.

Fin juillet, le gouvernement belge a finalement donné son feu vert. Et le texte est maintenant soumis à la ratification par les parlements des régions et des communautés. Mais le dossier est loin d’être bouclé. Car les juristes ne sont d’ores et déjà pas d’accord sur le sens à donner au concept de minorité nationale.

Spécialistes des minorités

Lili Nabholz-Haidegger entame donc sa visite avec une très grande prudence. Le Conseil de l’Europe confie généralement ce type de mission à un Suisse. Car, à Strasbourg, on considère les Suisses comme des spécialistes des minorités.

Un piège dans lequel est tombé le prédécesseur de la députée radicale, Dumeni Colomberg, dont le rapport , il y a trois ans, avait soulevé l’ire des Belges. Cet ancien conseiller national grison (PDC) avait en effet joué au donneur de leçon. Et il avait fait, notamment, un long plaidoyer en faveur du bilinguisme.

Une maladresse impardonnable. D’autant que, en Belgique, les régions sont unilingues, à l’exception de la région de Bruxelles. Et qu’il n’est pas question de toucher à l’équilibre constitutionnel.

Chaque pays a son histoire

La nouvelle envoyé spéciale promet d’agir avec une plus grande sensibilité. «Chaque pays a son histoire propre, affirme Lili Nabholz-Haidegger. Les structures politiques, économiques et sociales sont différentes d’un pays à l’autre. Et vouloir imposer le modèle suisse au monde entier serait une erreur.»

Dans la partie germanophone de la Belgique, Lili Nabholz parlera en allemand. Sinon, pour ménager les susceptibilités de ses interlocuteurs francophones et néerlandophones, la députée zurichoise s’exprimera en anglais.

Barbara Speziali

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