Delta Air Lines déçoit, la facture de carburant pèse
La compagnie aérienne américaine Delta Air Lines a publié vendredi des résultats pour le troisième trimestre inférieurs aux attentes et revu à la baisse ses prévisions annuelles, pénalisée par le coût toujours élevé du kérosène.
(Keystone-ATS) Le transporteur a généré sur la période allant de juillet à septembre un bénéfice net par action hors élément exceptionnel – métrique la plus suivie par les marchés – de 1,72 dollar. Les analystes escomptaient 1,75 dollar, selon le consensus de FactSet.
Le chiffre d’affaires a lui bondi de 21% sur un an, à 20,19 milliards de dollars (18 milliards de francs).
Mais le coût par siège rapporté à la distance parcourue a flambé (+25 %), principalement du fait des prix du carburant.
Le directeur général du groupe, Ed Bastian, a évoqué dans un communiqué «l’un des contextes de prix des carburants les plus élevés de ces dernières années».
La tension sur les produits dérivés du pétrole est vive du fait du conflit au Moyen-Orient, qui ampute la région d’une partie de ses exportations d’hydrocarbures, et des attaques ukrainiennes sur les raffineries russes.
Résultat, sur le trimestre, Delta Air Lines a dépensé pour 4,4 milliards de dollars de kérosène contre 2,6 milliards à la même période un an plus tôt.
Le surcoût sur l’année devrait s’élever au total à 6 milliards, a prévenu l’entreprise.
Une nette partie de cette facture est répercutée aux voyageurs via des hausses de prix. Mais ces lourdes charges pèsent aussi sur les marges de Delta.
La compagnie a dit vendredi anticiper un bénéfice net par action pour 2026 compris entre 5,10 et 5,60 dollars, un chiffre largement revu à la baisse par rapport à ce qu’elle disait attendre au début de l’été.
La compagnie peut toutefois compter sur une particularité de son modèle économique : elle possède sa propre raffinerie, dont les revenus ont grimpé de 76% au troisième trimestre.