Berne et Berlin veulent affiner l’arme de l’embargo
Pour lutter contre le terrorisme et les Etats qui le soutiennent, la Suisse et l'Allemagne finalisent un projet de sanctions financières ciblées et efficaces. Une initiative qui sera présentée en novembre à New York devant les Nations unies.
Dans une interview accordée au Temps, le ministre suisse des Affaires étrangères donne quelques précisions sur ce projet baptisé initiative d’Interlaken.
Joseph Deiss souligne en premier lieu son objectif: «Le principe, c’est de mettre au point des sanctions ciblées et efficaces dans le domaine financier afin d’éviter de toucher des populations civiles. Je pense notamment à la population irakienne qui a durement souffert des sanctions, sans que le pouvoir de Saddam Hussein ne vacille».
Restreindre les sanctions aux circuits financiers
L’Allemagne et la Suisse veulent donc restreindre les sanctions décrétées par l’ONU aux circuits financiers des mouvements terroristes et des Etats frappés par un embargo.
Cette annonce intervient alors que la Suisse continue de faire l’objet de critiques dénonçant son secret bancaire. Une barrière qui continuerait de permettre aux dictateurs, aux mafieux et autres terroristes de protéger leurs fonds.
Joseph Deiss a donc tenu à rappeler que la Suisse est à la pointe en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. «Le secret bancaire n’existe pas quand il y a terrorisme ou criminalité», a martelé le ministre des Affaires étrangères.
Réunion d’experts entre la Suisse et le G7
Joseph Deiss a d’ailleurs annoncé que des représentants suisses et des experts du G7 allaient se retrouver dans deux semaines à Lausanne. Les discussions porteront sur la collaboration internationale face aux détournements de fonds opérés par des hommes politiques.
En guise d’exemple, Joseph Deiss a rappelé le cas des détournements opérés par l’ex-dictateur nigérian Sani Abacha. Les fonds découverts en Suisse sont en effet d’abord passés par d’autres pays.
«Nous avons décidé d’empoigner la question de ces détournements d’argent à bras-le-corps, en mettant sur pied une collaboration internationale», a insisté Joseph Deiss.
swissinfo avec les agences
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