La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

La collaboration policière suisse à l’aune de Schengen

L’intensification des échanges d’information entre pays européens, la Suisse semble la souhaiter plus que jamais. Keystone

A l'heure où la répression et la criminalité sont toujours plus globales, la protection des données échangées entre les polices internationales devient cruciale. Le débat est en cours en Europe, mais également en Suisse. Les autorités helvétiques lorgnent sur les avantages du traité de Schengen.

Les questions posées par le parti socialiste sur la collaboration policière entre la Suisse et l’Italie avant le sommet de Gênes étonnent Philipp Kronig. «Nous avons toujours collaboré avec l’étranger. C’est la seule façon de sauvegarder la sécurité intérieure», précise ce chef de division à l’Office fédéral de police (OFP).

Une révision de la loi est souhaitable

«Les échanges d’information sont toujours plus généraux, aussi bien dans le secteur public que celui privé», confirme Marc Buntschu, chef suppléant du Secrétariat au préposé fédéral à la protection des données.

Ce préposé a d’ailleurs relevé il y a quelques jours, à l’occasion de son huitième rapport d’activités, qu’une révision de la loi sur la protection des données «s’avère souhaitable». Pour tenir compte du développement des technologies de l’information. Mais aussi de la globalisation, de l’intensification des échanges d’information et de l’évolution du droit européen.

L’intensification des échanges d’information entre pays européens, la Suisse semble d’ailleurs la souhaiter plus que jamais. Le Conseil fédéral veut en effet adhérer au Traité de Schengen. Qui lui donnerait accès aux précieuses banques de données du Système d’information de Schengen (SIS), regroupant des données sur des objets, mais aussi sur des personnes.

Nécessité de garde-fous

Dans cette collaboration européenne, la protection des données et de la vie privée sont assurées par un certain nombre de garde-fous, proches de ceux que connaît la Suisse. La Commission européenne l’a d’ailleurs dit: les standards appliqués actuellement par la Suisse sont adéquats.

Les accords de Schengen amèneraient tout de même un changement pour la Suisse. «Les échanges d’informations se feraient plus facilement, mais les conditions dans lesquelles ils se font seraient également plus précises et mieux réglées», résume Marc Buntschu.

Le débat sur la protection des données n’est donc pas terminé. Et les socialistes en ont bien conscience. «Nous devons obtenir des garanties avant de participer au système de Schengen. La Suisse ne pourra d’ailleurs y prendre part que si les citoyens sont convaincus que la loi sur la protection des données est fiable», souligne le porte-parole du parti, Jean-Philippe Jeannerat.

Ce débat secoue d’ailleurs également l’Europe, comme le confirme Anne Weyenbergh, chercheuse à l’Institut d’études européennes de l’Université libre de Bruxelles.

Selon cette Belge, le problème se situe peut-être ailleurs: dans leur volonté de lutter contre la criminalité, les Etats augmentent leur répression. Et donnent pour cela une définition très générale des différentes formes de la criminalité. Certaines personnes se retrouvent dès lors dans les mailles du filet de la répression alors qu’elles n’ont rien à se reprocher.

Caroline Zuercher

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision