Promesse européenne sur les visas de transit
La Commission européenne s'est engagée à réexaminer le problème des visas de transit Schengen pour les étrangers résidant en Suisse et non-membres de l'Union européenne.
Selon une délégation syndicale suisse, elle a promis une réponse en septembre.
«La rencontre a été extrêmement utile», a déclaré mardi à Bruxelles Jacques Robert, vice-président du Syndicat industrie et bâtiment (SIB).
Composée de cinq personnes, la délégation a pu faire part de ses revendications à Joaquim Nunes de Almeida, membre du cabinet d’Antonio Vitorino, commissaire en charge de la justice et des affaires intérieures.
Patience à bout
«On a appris à M. Almeida que le problème des visas de transit n’était toujours pas réglé», a poursuivi Jacques Robert, en soulignant que «la patience des gens était à bout».
Quelque 500’000 personnes, la plupart ressortissants d’ex-Yougoslavie ou de Turquie, sont concernées. Avec parfois des conséquences «scandaleuses», sans parler des demandes d’informations «chicanières et inutiles».
Aujourd’hui, les citoyens de pays non-membres de l’Union européenne (UE) résidant en Suisse ont besoin d’un visa pour se rendre dans l’espace Schengen. L’obtenir prend souvent de longs mois.
En juillet 2002, le syndicat pensait avoir surmonté l’obstacle en obtenant une prolongation de la validité des visas de six mois à deux ans. Mais les files d’attente devant les ambassades sont toujours aussi longues.
Abolition demandée
Pour le SIB, il faut «purement et simplement abolir ce visa». «Nous demandons une vraie solution», a insisté Vania Alleva, responsable du domaine Migration et Intégration au SIB, en rappelant que les personnes touchées sont établies de longue date en Suisse.
D’après la délégation qui comprenait également des membres du Forum pour l’intégration des migrants (FIM), M. Almeida reconnaît que «cette situation est aberrante».
Selon ses interlocuteurs, le haut fonctionnaire bruxellois a estimé qu’il faudrait obtenir «un consensus» au sein de l’UE pour résoudre ces difficultés. Les responsables suisses ont indiqué également qu’ils avaient sollicité l’appui de la présidence italienne de l’UE et de parlementaires européens afin de débloquer le dossier.
Obtenir la réciprocité
Dans le cadre des bilatérales bis, la Confédération négocie actuellement son association à Schengen. Sur ce point précis, elle est cependant en avance sur l’UE.
Elle a supprimé l’obligation de visas en juillet 2000 pour les ressortissants d’Etats tiers résidant légalement dans l’espace Schengen. Pour le SIB, il est temps d’obtenir maintenant la réciprocité de la part de Bruxelles.
swissinfo et les agences
– L’Espace Schengen au sein duquel la libre circulation des personnes est de mise comprend les quinze membres de l’Union européenne à l’exception de la Grande-Bretagne. La Norvège et l’Islande en font également partie.
– La Suisse abrite 560’000 citoyens européens dont le pays n’est pas membre de l’Espace Schengen. Et notamment des Yougoslaves, des Bosniaques, des Macédoniens et des Turcs.
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