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Dernières déclarations au procès des attentats de Boston

(Keystone-ATS) Djokhar Tsarnaev a agi de sang-froid et voulait «terroriser» l’Amérique, a affirmé lundi l’accusation, dans sa dernière déclaration avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, au procès des attentats du marathon de Boston. L’accusé risque la peine de mort.

M. Tsarnaev, 21 ans, jeune musulman d’origine tchétchène, chemise à col ouvert et veste sombre, n’a pas montré la moindre émotion. Il a écouté, souvent tête baissée, ce qui se passait dans la salle d’audience du tribunal fédéral où son procès avait commencé le 4 mars.

«Il voulait punir l’Amérique pour ce qu’elle faisait à son peuple, et c’est ce qu’il a fait», a asséné le procureur-adjoint Aloke Chakravarty.

Deux bombes artisanales

«Avec son frère, il a tué deux jeunes femmes ce jour-là, ainsi qu’un petit garçon (…) et fait 17 amputés», a rappelé le procureur. Il évoquait le 15 avril 2013, quand deux bombes artisanales avaient explosé près de la ligne d’arrivée du célèbre marathon de Boston, semant la panique parmi les milliers de spectateurs.

Trois personnes avaient été tuées et 264 blessées, le pire acte de terrorisme depuis le 11-Septembre aux Etats-Unis. «Ce jour-là, ils ont pensé qu’ils étaient soldats, qu’ils étaient moudjahidines, et qu’ils apportaient leur combat à Boston», a insisté le procureur.

«Et 20 minutes plus tard», a-t-il souligné, Djokhar Tsarnaev achetait du lait dans un supermarché. Le lendemain, il était de retour sur son campus universitaire, plaisantait avec ses amis, et recommençait à tweeter, a-t-il ajouté.

«Attentat coordonné»

«L’accusé a fait ça avec son frère. Il a déposé une bombe, son frère a déposé l’autre. C’était un attentat coordonné, pour maximiser la terreur», a dit le procureur. Et de rappeler que trois jours plus tard, les frères, en fuite après avoir été identifiés, avaient aussi tué un policier en faction dans sa voiture sur le MIT (Massachusetts Institute of Technology) pour tenter, en vain, de lui voler son arme.

Avant ces déclarations conclusives, le juge fédéral George O’Toole avait donné ses instructions aux jurés pendant plus d’une heure. Il leur a expliqué notamment qu’ils devraient décider de la culpabilité de Tsarnaev pour chacun des 30 chefs d’accusation retenus contre lui. Dix-sept de ces chefs d’accusation sont passibles de la peine de mort, dont «utilisation d’une arme de destruction massive».

Verdict quasi certain

Le verdict de culpabilité est quasi certain, en raison des très nombreux éléments à charge, notamment les images des caméras de surveillance, incriminant l’accusé.

«C’était lui», avait aussi reconnu son avocate Judy Clarke dès l’ouverture du procès, tout en affirmant que le jeune étudiant était sous la coupe de son frère aîné Tamerlan, «auto-radicalisé». Tamerlan est mort trois jours après les attentats lors d’une confrontation armée avec la police.

Sentence à l’unanimité

Après le verdict, commencera la seconde phase du procès, pour décider de la sentence de M. Tsarnaev. Les jurés devront choisir, à l’unanimité, entre peine de mort ou réclusion à perpétuité.

L’accusation a fait témoigner 92 personnes depuis le début du procès. La défense n’en a appelé que quatre à la barre. Elle se réserve, selon les experts, pour la deuxième partie du procès, où elle devrait invoquer des circonstances atténuantes, pour essayer d’éviter à Djokhar Tsarnaev la peine capitale.

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