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Des «feux de camp» pour réchauffer la couronne du Soleil

Les premières images du Soleil faites par Solar Orbiter montrent des mini-éruptions solaires, omniprésentes à la surface, baptisées "feux de camp". KEYSTONE/AP ESA sda-ats

(Keystone-ATS) Une multitude de «feux de camp» chauffant la couronne du Soleil pourrait expliquer comment sa température dépasse de très loin celle de sa surface. La sonde Solar Orbiter tente de percer cette véritable énigme physique.

A ce jour, «on n’a pas d’explication cohérente à ce phénomène», explique l’astronome Frédéric Auchère, de l’institut d’astrophysique spatiale. Cela fait plus de 70 ans que cela dure, quand on s’est aperçu que la couronne solaire dépassait le million de degrés Celsius, alors que la température de surface du Soleil culmine à 5500 degrés.

«Quand on s’en éloigne, la température baisse un peu, comme un radiateur qui chauffe moins quand on s’en écarte», mais très vite, cette température remonte très haut, raconte l’astronome, qui a cosigné deux études sur le sujet à paraître dans Astronomy & Astrophysics.

C’est là qu’entre en jeu Solar Orbiter, la sonde de l’agence spatiale européenne et de la NASA qui a pris l’an dernier ses premières images du Soleil. Prises à environ 77 millions de kilomètres du Soleil, à mi-distance entre la Terre et son astre, elles ont montré un phénomène nouveau: des mini-éruptions solaires, omniprésentes à la surface, baptisées «feux de camp».

Feux de camp éphémères

D’une longueur observée de 400 à 4000 km, ils surgissent entre 1000 et 5000 km au-dessus de la surface du Soleil. Ils se manifestent sur des durées très courtes, allant de 10 à 200 secondes, mais atteignent dans ce laps de temps très court une température «coronale», de plus d’un million de degrés Celsius.

Les scientifiques supposent qu’ainsi «l’atmosphère serait chauffée par cette myriade de petits flashs se produisant un peu partout», explique M. Auchère. Une deuxième étude, menée par le scientifique chinois Yajie Chen et le Pr Hardi Peter, de l’institut allemand Max Planck, a modélisé le phénomène en utilisant les observations de Solar Orbiter.

Elle aboutit à une conclusion similaire, en suggérant que «ce processus contribue de façon significative à l’échauffement de la couronne».

Solar Orbiter doit déployer tous ses talents à l’automne, quand sa batterie d’instruments sera pleinement opérationnelle. Avec le spectrographe SPICE , on attend des mesures précises de température et de densité de l’atmosphère solaire, et donc de ses feux de camp.

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