Des soldats tchadiens ont tiré sur la foule en Centrafrique
(Keystone-ATS) Des soldats tchadiens ont tué 30 personnes et en ont blessé plus de 300 autres lors d’une attaque sur un marché de Bangui le 29 mars, a affirmé vendredi le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. Les autorités de Bangui ont regretté de leur côté le retrait du contingent tchadien de la MISCA.
Exposant les premières conclusions d’une enquête basée sur des témoignages de survivants, le porte-parole du Haut Commissariat à Genève, Rupert Colville, a souligné qu’un convoi de véhicules de l’armée régulière tchadienne avait fait irruption sur un marché de la capitale de la Centrafrique.
Les soldats, pas membres du contingent tchadien engagé dans la mission de l’Union africaine, ont tiré dans la foule dans toutes les directions.
«Ils ont sans raison ouvert le feu sur la population. Les soldats ont tiré de façon indiscriminée», a déclaré Rupert Colville. L’attaque a pris fin avec l’arrivée de militaires congolais de la MISCA.
Les autorités locales et les organisations humanitaires avaient jusque-là avancé un bilan d’au moins 10 tués.
Retrait du contingent tchadien
Les autorités centrafricaines ont fait part vendredi de leur «regret», après l’annonce du retrait du contingent tchadien de la MISCA. Le ministre centrafricain des Affaires étrangères Toussaint Kongo-Doudou a précisé dans un communiqué que cette décision, qui est intervenue après la mise en cause de soldats tchadiens dans le décès de civils à Bangui, «a été prise en toute souveraineté par le gouvernement tchadien».
Acteur-clé de la crise centrafricaine et incontournable puissance régionale, le Tchad, l’un des principaux fournisseurs de la MISCA, a annoncé jeudi le retrait de ses 850 soldats de Centrafrique, dénonçant une «campagne malveillante» à leur encontre.
Les soldats tchadiens ont été accusés à plusieurs reprises, depuis l’arrivée au pouvoir de la Séléka, de passivité face à leurs exactions, voire de connivence. N’Djamena a toujours démenti avec force et reçu le soutien appuyé de l’UA et de la France pour son engagement en Centrafrique.