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Espagne: reprise des négociations entre socialistes et Podemos

(Keystone-ATS) Les dirigeants du parti socialiste espagnol et de Podemos (gauche radicale) ont annoncé mercredi la reprise de négociations pour parvenir à la formation d’un gouvernement. Un accord doit être trouvé avant le 2 mai, faute de quoi l’Espagne retournera aux urnes.

A l’issue d’un entretien qualifié de «cordial», le dirigeant socialiste Pedro Sanchez et le chef de Podemos Pablo Iglesias ont convenu de reprendre «un dialogue» à trois, incluant le parti de centre droit Ciudadanos. «La nouvelle du jour, c’est que Podemos a dit ‘oui’ à l’entrée en négociations avec le parti socialiste et Ciudadanos», a annoncé à la presse Pedro Sanchez, professeur d’économie de 44 ans à la tête du parti socialiste espagnol (PSOE).

Cependant Podemos a toujours exclu, jusqu’à présent, d’entrer dans un gouvernement auquel participerait Ciudadanos. «Nous sommes un peu plus proches d’un gouvernement et un peu plus loin de la répétition d’élections» législatives, qui auraient lieu fin juin si les partis ne parvenaient pas à s’entendre», a dit avec prudence M. Sanchez.

Ce dernier s’est déclaré «d’un optimisme modéré», alors que les différentes formations du pays s’accusent mutuellement d’être déjà en campagne électorale. «Je prendrai la tête du groupe de négociateurs de Podemos pour négocier cet accord», avait plus tôt indiqué M. Iglesias en conférence de presse. «Si ma présence au gouvernement est un problème pour le parti socialiste, je suis prêt à faire des concessions et à ne pas faire partie de ce gouvernement afin de créer une coalition progressiste», avait-il encore ajouté.

La balle dans le camp des socialistes

«Il n’y a plus d’excuses. Nous avons démontré que nous pouvions faire des concessions», a commenté le dirigeant de Podemos ajoutant que désormais la balle était dans le camp du PSOE.

Pedro Sanchez a échoué début mars à rassembler une majorité au parlement pour soutenir le gouvernement de coalition qu’il entendait former avec les centristes de Ciudadanos. Le PSOE n’est pas parvenu à réunir une majorité de députés en raison de l’opposition conjuguée des conservateurs du Parti populaire (PP), de Podemos et des formations régionalistes.

Après cet échec, le roi Felipe a de nouveau demandé au chef du gouvernement sortant Mariano Rajoy de tenter de former un cabinet autour du Parti populaire qui est arrivé en tête lors du scrutin de décembre. La précédente tentative de M. Rajoy s’est soldée par un échec.

Régénération démocratique

M. Iglesias s’est dit prêt à rencontrer les centristes et à s’accorder avec eux sur des mesures de «régénération démocratique» du pays miné par la corruption, un point d’accord entre les deux formations. Il souhaite un gouvernement de coalition avec les socialistes et espère l’abstention de Ciudadanos lors d’un vote d’investiture.

Désormais, a dit M. Iglesias, «nous devons parler de politiques et de programmes». Il a insisté sur un programme impliquant des mesures de «justice sociale», «réforme fiscale», défense des «droits des travailleurs» et fin des expulsions de particuliers surendettés de leurs logements.

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