Bruxelles passe la fusion Alusuisse-Alcan-Pechiney au peigne fin
Le feu vert de la Commission européenne à la fusion entre Alusuisse, le Français Pechiney et le Canadien Alcan ne sera pas une formalité. L'exécutif communautaire a ouvert une enquête approfondie sur cette opération de concentration.
Le feu vert de la Commission européenne à la fusion entre Alusuisse, le Français Pechiney et le Canadien Alcan ne sera pas une formalité. L’exécutif communautaire – «gendarme» de la concurrence dans l’Union européenne – a ouvert une enquête approfondie sur cette opération de concentration. Elle donnera naissance au numéro un mondial de l’aluminium.
La Commission européenne doit donner sa bénédiction à toutes les fusions importantes. Peu importe la nationalité des entreprises concernées. Ce qui compte, c’est l’impact de la concentration sur le marché de l’Europe des Quinze.
Boeing et McDonnell Douglas, les deux constructeurs américains d’avions, avaient ainsi dû obtenir l’aval de Bruxelles avant de fusionner. Il en va de même pour le mariage envisagé entre Alusuisse, Alcan et Pechiney. Les trois entreprises deviendront le numéro un mondial de l’aluminium. Le nouveau géant – il s’appellera APA – emploiera 91 000 personnes dans 59 pays. Son chiffre d’affaires dépassera les 22 milliards de dollars.
C’est dire que la Commission européenne a de bonnes raisons de redouter que le nouveau groupe puisse se retrouver en position dominante sur le marché. Bruxelles affirme d’ores et déjà avoir de sérieux doutes à ce sujet. APA pourrait avoir le monopole du marché des produits laminés plats en aluminium et des emballages. Ce serait contraire aux règles européennes sur la concurrence.
La Commission dispose désormais d’un délai de quatre mois pour passer l’acte de mariage d’APA au peigne fin. Elle devra dire d’ici mars si elle autorise la fusion. Ou, plus vraisemblable, si elle oblige les trois entreprises à se séparer de certaines activités. Histoire de ne pas tuer la concurrence.
Olivier Thomas
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