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Budget: carton jaune pour Kaspar Villiger

Le 10 janvier, Kaspar Villiger annonçait un résultat «inespéré» des comptes 2000. Keystone

On connaît enfin les résultats des comptes de l'Etat pour 2000. Ils boucleront sur un excédent de 4,55 milliards de francs. Bizarre, lorsque l'on sait que le budget initial prévoyait un déficit de 1,8 milliard.

L’excédent de 4,55 milliards a été annoncé lundi par le journal économique L’Agefi et plusieurs quotidiens romands. Plus tard dans la matinée, ce chiffre a été confirmé par Daniel Eckmann, porte-parole du Département fédéral des finances (DFF).

Ce chiffre de 4,55 milliards peut surprendre l’observateur attentif des finances fédérales. Outre le fait que le budget prévoyait 1,8 milliard de déficit, d’autres éléments rendent le résultat final pour le moins étonnant.

Lors de la session d’hiver du Parlement, Kaspar Villiger avait en effet suspendu la réalisation d’allègements fiscaux, notamment en faveur des familles, arguant que l’équilibre à long terme des finances fédérales n’était pas encore assuré.

Mais, le 10 janvier, le même Kaspar Villiger annonçait un résultat «inespéré» des comptes 2000. Devant la presse, le ministre faisait état d’un bénéfice d’environ 2 milliards. Et aujourd’hui, moins d’un mois plus tard, les dernières estimations font état de 4,55 milliards, soit plus de deux fois plus.

En fin de compte, la différence entre le budget initial et le résultat final se monte à plus de 6 milliards de francs! Mais Daniel Eckmann réussit tout de même à apporter quelques éclaircissements.

Il explique d’abord que cet écart considérable est principalement dû à des recettes non budgétisées dans les domaines de l’impôt anticipé (2,5 millilards), du droit de timbre (0,8), de l’impôt fédéral direct (1 milliard) et de la taxe sur la valeur ajoutée (0,3).

Or, si les recettes ont été sous-estimées, c’est que l’économie s’est nettement améliorée depuis l’établissement du budget. «Il est normal qu’en période de haute conjoncture, on boucle sur des chiffres noirs», commente le porte-parole.

Ensuite, certaines recettes, comme celles générées par des fusions d’entreprises, n’étaient pas prévisibles. Et à cela s’ajoutent d’autres recettes extraordinaires, comme les ventes de licences pour la téléphonie mobile. Bref, l’amélioration des finances est de nature conjoncturelle et non structurelle.

Du coup, la mise en garde de Kaspar Villiger contre de trop larges baisses d’impôts et un accroissement des dépenses reste d’actualité. Les bons résultats de 2000 ne changent rien au fait que les finances de la Confédération demeurent fragiles.

Reste que la valse des estimations commence à vraiment faire tâche et nuit à la crédibilité du DFF. Kaspar Villiger est conscient du problème et entend corriger le tir.

Le Centre de recherches conjoncturelles de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) a donc été chargé d’analyser la méthode d’estimation des recettes du département. Ses experts devront notamment vérifier si des erreurs de systématique ou de méthode se sont glissées dans le processus d’établissement du budget.

Olivier Pauchard

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