Mauvaise passe boursière pour l’AVS
L'effondrement des marchés boursiers ne fait pas seulement le malheur des petits investisseurs. Ces mauvais résultats ont diminué d'un milliard de francs la valeur du fonds de compensation de l'AVS. Les rentiers n'ont toutefois aucun souci à se faire.
Le fonds de compensation de l’AVS représente environ 22 milliards de francs. Actuellement, 14% de cette fortune est placée en actions suisses et 11% en actions étrangères.
L’argent n’est pas perdu
Les mauvais résultats enregistrés récemment par les différentes bourses n’ont donc pas été sans conséquences pour le fonds de compensation. «La diminution de fortune atteint pratiquement un milliard de francs», révèle Ulrich Grete, président du Conseil d’administration du fonds de compensation de l’AVS, confirmant une information du Tages Anzeiger.
Plus précisément, la baisse du cours des actions suisses représente une perte de quelque 700 millions. Quant à la chute du cours des actions étrangères, elle a causé une diminution de fortune d’environ 200 millions.
«Mais il ne s’agit pas d’un trou creusé dans le fonds, précise Ulrich Grete. En effet, on ne peut pas parler d’une perte réalisée. Simplement, la valeur de notre fortune a diminué par rapport à la valeur estimée l’an dernier à pareille époque.»
En clair, l’argent n’est pas perdu. Il suffit que les cours remontent pour que la diminution de fortune devienne moins importante, voire que le fond enregistre des bénéfices. «Plusieurs analystes s’attendent d’ailleurs à une hausse des cours pour le printemps, mais ce n’est pas à moi de dire s’ils ont raison ou tort», déclare Ulrich Grete.
Pas de crainte pour les retraités
«Les retraités n’ont en tout cas pas à se faire du souci pour leur rente», rassure Ulrich Grete. Elles sont en effet financées en premier lieu par les cotisations des employés et des employeurs. Or, vu que la conjoncture économique actuelle est favorable, ces cotisations sont assez importantes pour couvrir les rentes.
Les fonds de compensation de l’AVS n’est qu’une réserve destinée à être utilisée le jour où les cotisations ne seront plus suffisantes. Mais pour l’heure, tel n’est pas le cas. Par conséquent, une baisse de fortune du fonds, même passagère, n’est pas préjudiciable aux rentiers.
Toujours plus d’actions
Les actions représentent une part toujours plus importante du fonds de compensation. En octobre dernier, le Parlement avait d’ailleurs poussé plus avant cette politique en acceptant que le fonds puisse aussi investir en actions étrangères également.
Cette autorisation est entrée en vigueur le 1er février 2001. Et le Conseil fédéral de déclarer à cette occasion: «le fait de diversifier ses placements en achetant des titres étrangers permet en effet sans prendre davantage de risques d’obtenir un rendement plus élevé qu’en investissant en actions suisses exclusivement».
Actuellement, le quart de la fortune du fonds est placée en actions suisses et étrangères. Mais cette part devait encore augmenter. «A terme, 40% de la fortune sera investie en obligation libellées en francs suisses, 15% en actions libellées en devises étrangères, 40% en actions et 5% en investissements immobiliers», déclare Ulrich Grete.
Les actions rapportent en effet davantage que les autres formes de placement. Ainsi, entre 1997 et 2000, les actions du fonds ont rapporté environ 400 millions de francs.
Olivier Pauchard, Palais fédéral
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