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Pierres précieuses: le trésor virtuel de deux Suisses du Brésil

La mine, située dans l’Etat brésilien de Baía. (photo du site)

Une société suisse détient depuis 1991 l´unique gisement connu d´une nouvelle pierre précieuse, l´opale oeil-de-chat. Mais, malgré dix ans d´efforts, la commercialisation peine à trouver sa vitesse de croisière.

Les premiers échantillons de cette opale ont été découverts en 1989 sur le marché aux pierres précieuses de Teófilo Otoni, ville de l’Etat brésilien de Minas Gerais. Mais les producteurs ne savaient pas ce qu’ils avaient entre les mains.

«Disposant d’une formation de gemmologie, mon frère Jean-Claude a été le seul à voir qu’il s’agissait d’une pierre encore inconnue», explique Eric Nydegger, président de la société De Wal. Des analyses commandées dans plusieurs laboratoires, dont le prestigieux Gemological Institute of America, ont ensuite corroboré cette découverte.

Après deux ans d’efforts, De Wal a réussi à localiser et à acheter la mine, dans l’Etat brésilien de Baía. Du coup, l’unique source de cette nouvelle pierre est depuis 1991 en mains suisses.

Un laboratoire bernois, le Gemological Research Laboratory, a permis d’en fixer le prix. Le laboratoire s’est notamment basé sur la rareté de la pierre, ainsi que sur les prix de référence des autres opales et du chrysobéryl œil-de-chat, qui est très proche de l’opale œil-de-chat. Ces recherches ont permis de fixer le prix entre 200 et 1000 francs le carat.

La mine de Baía produit environ 100 000 carats d’opale œil-de-chat par an. Sur cette quantité, deux pour cent peuvent être utilisés pour de la joaillerie.

De Wal n’a pas pour autant tiré le jackpot. «Nous sommes riches, mais seulement virtuellement, car il est très difficile de trouver un marché pour une nouvelle pierre», explique Eric Nydegger.

L’opale œil-de-chat, baptisée «opale impériale», a été bien accueillie sur le marché américain. «Les Etasuniens sont friands de nouveauté, mais le problème, c’est qu’ils achètent surtout de la qualité inférieure», selon Eric Nydegger.

Le marché asiatique, et en particulier Taiwan, a également bien réagi. «L’œil-de-chat y est vu comme l’œil de Dieu. De plus, la couleur verte y est symbole de prospérité. Malheureusement, la crise économique qui a frappé l’Asie a ralenti les affaires, surtout pour les articles de luxe», explique le président de De Wal.

En revanche, l’Europe ne constitue pas un marché intéressant. Dans certains pays, comme en France, l’opale est synonyme de malchance. De plus, en matière de pierres précieuses, les Européens ne raffolent pas de nouveautés. Et en Suisse tout particulièrement, les clients ne s’écartent guère des quatre pierres traditionnelles (diamant, rubis, saphir et émeraude).

Pour l’heure, la vente de l’opale œil-de-chat stagne un peu. «Ce qu’il faudrait, c’est un partenariat avec une grande entreprise qui ait les moyens de faire de la publicité à large échelle. Des contacts ont été pris, mais rien n’a encore abouti», explique Eric Nydegger.

Et ce dernier de citer l’exemple du Japon pour prouver l’efficacité de la publicité. Il y a vingt ans, les Japonais ne connaissaient pas le diamant, qui n’appartenait pas à leur culture. Aujourd’hui, ils font partie des plus gros clients au niveau mondial. Mais pour parvenir à ce résultat, la société sud-africaine de Beers a dépensé des millions de dollars pendant cinq ans pour convaincre les Japonais que les «les diamants sont éternels».

Olivier Pauchard

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