Swisscom et La Poste doivent être plus compétitifs
Sur le marché mondial, Swisscom et La Poste ne sont pas assez concurrentiels. Raison pour laquelle le gouvernement prévoit d'abandonner la majorité du capital de Swisscom et de permettre à La Poste de créer sa propre banque. La procédure de consultation est lancée.
Le gouvernement constate que les deux entreprises issues des anciennes PTT doivent évoluer dans un marché de plus en plus concurrentiel et en pleine mutation. Mais le problème, c’est qu’elles ne disposent pas de tous les atouts nécessaires pour tirer leur épingle du jeu.
Ainsi, au niveau international, Swisscom n’est qu’un petit acteur du monde de la téléphonie. Et la concurrence acharnée, la constante pression sur les prix et les investissements nécessaires conduisent à un processus de consolidation qui ne fait que s’accélérer, note le Conseil fédéral.
En clair, pour assurer son avenir, Swisscom devrait pouvoir conclure des alliances et des partenariats avec d’autres entreprises. Seulement, la participation majoritaire de la Confédération limite considérablement la flexibilité de Swisscom.
Afin d’écarter ce handicap, le gouvernement propose que la Confédération puisse vendre sa participation majoritaire dans Swisscom ou ses filiales. Pour cela, il faut supprimer l’obligation constitutionnelle qui est faite à la Confédération de détenir la majorité des actions.
Quant à La Poste, elle se trouve aussi face à un problème. Elle doit à la fois assurer un service public et évoluer dans un marché de plus en plus concurrentiel, tout en étant rentable. Or, pour atteindre cette rentabilité, La Poste doit diversifier ses activités, notamment dans le domaine de la finance, très lucratif.
Mais, actuellement, Postfinance n’offre pas une gamme complète de prestations. Elle ne peut notamment pas accorder de prêts. Or, pour étoffer son offre, la future banque postale a besoin de l’argent de la Confédération pour disposer des fonds propres nécessaires.
La Poste a besoin de 1,5 à 2 milliards de francs pour la dotation en fonds propres de Postfinance. Il lui faut également 0,5 milliard pour financer des investissements pour de nouveaux secteurs d’activités, comme l’e-Business, et 5,5 milliards pour refinancer sa caisse de pension.
Or, les dispositions légales actuelles ne permettent que le financement du découvert de la caisse de pension. Pour les autres domaines, la législation doit être modifiée.
Le Conseil fédéral lance donc le débat sur les modifications législatives prévues en faveur de La Poste et de Swisscom. La procédure de consultation des milieux intéressés est ouverte jusqu’à la fin du mois d’avril.
Le Conseil fédéral estime que ces modifications sont absolument nécessaires pour permettre aux deux entreprises de disposer de davantage de marge de manœuvre et ainsi être plus concurrentielles. A la clef, il y a aussi le maintien de places de travail et du savoir-faire technologique.
On peut d’ores et déjà s’attendre à ce que les propositions gouvernementales suscitent quelques oppositions. Les banques ne verront ainsi pas d’un bon oeil l’arrivée sur le marché d’une banque postale disposant d’une gamme complète de produits.
Surtout, la gauche ne voudra pas que la Confédération abandonne la majorité des parts de Swisscom. L’an dernier, les camarades du socialiste Moritz Leuenberger, ministre de la Communication, lui avaient d’ailleurs clairement signifié leur hostilité au bradage du service public.
Olivier Pauchard
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